#TrésorDeBU n°4 – Relation d’un voyage en Sibérie en 1760

Pour ce 4e #TrésorDeBU et alors que l’été pointe (péniblement) ses rayons de soleil, direction Vénus et la Sibérie !

Jean Chappe d’Auteroche, Vénus et la Sibérie

Portrait de l’Abbé Jean Chappe d’Auteroche (1722-1769) / dessiné par Jean-Martial Frédou et gravé par Jean-Baptiste Tilliard (estampe ; en ligne sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55001540k/f1.item)

Jean Chappe d’Auteroche, abbé cantalien, brillant étudiant en mathématiques et en astronomie, est nommé adjoint astronome à l’Académie des Sciences de Paris en 1759. L’année suivante, missionné par le roi pour observer le phénomène astronomique du transit de Vénus, il prend part à une expédition qui le mène aux confins de la Sibérie, dans la ville de Tobolsk.

Le Voyage en Sibérie, publié en 1768 à Paris, rapporte cette aventure. Il est le premier récit français traitant de la Russie à mêler considérations scientifiques, données géographiques ou climatiques et réflexions ethnologiques. L’abbé Chappe y relate toutes sortes d’observations qu’il a pu noter lors de son périple : de ses découvertes au détail de son parcours semé d’embûches…

Plus qu’un voyage, un véritable périple !

En effet, dès le début de son voyage, il casse ses instruments, puis rate son embarquement en Hollande et se fait voler son « porte-manteau »…

Par la suite, il se retrouve souvent bloqué ou ralenti par la neige, la glace ou la débâcle. Cela lui permet néanmoins de découvrir « pour la première fois la facilité de voyager avec des traîneaux : nous allions avec la plus grande vitesse, sans éprouver aucun accident », admet-il.

En parallèle, il nous livre des descriptions de tout ce qui le marque lors de son voyage sans cacher son hostilité pour de nombreuses mœurs du monde russe. Cela provoque, après la publication du livre, la colère de l’impératrice Catherine II. Elle lui répond en 1770 dans son Antidote, livre de plus de 500 pages dans lequel elle réfute toutes les affirmations de l’Abbé.

Chappe réussit à observer ce fameux phénomène astronomique. Il s’agit du passage de Vénus exactement entre la Terre et le Soleil. Se produisant seulement deux fois par siècle à huit ans d’intervalle, visible à l’œil nu à condition d’être équipé de matériel à filtre solaire, à l’époque de notre ouvrage, il a lieu en 1761 et 1769. Pour notre siècle, c’était en 2004 et 2012.

Mappemonde sur laquelle on a marqué les heures et les minutes du temps vrai de l’entrée et de la sortie du centre de Vénus sur le disque du soleil […] le 6 juin 1761 […] par M. De L’Isle (en ligne sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8491384k/f1.item)
Code couleurs utilisées pour cette carte :
– Vert : où l’on ne voit que l’entrée et une partie du transit ;
– Jaune : où l’on ne voit qu’une partie ou que la sortie du transit ;
– Rouge : où l’on voit tout
– Rien : où l’on ne voit rien

De retour à Paris, il écrit son livre et prépare son prochain voyage en Californie mexicaine pour observer à nouveau le transit de 1769. Il y parvient sans difficultés, devenant le seul astronome à avoir étudié le double phénomène au XVIIIe siècle. Cependant, trois jours après, il contracte une « maladie épidémique dangereuse » qui sévit en Californie et lorsque son état s’arrange, il insiste pour observer une éclipse de Lune. La fatigue provoque une rechute de la maladie dont il meurt finalement le 1er août 1769, tout de même satisfait d’avoir accompli sa mission.


Une autre histoire d’observateur de transit malchanceux

Autre français à avoir été missionné pour observer le transit de Vénus en 1761, Guillaume-Hyacinthe-Joseph-Jean-Baptiste Le Gentil de La Galaisière s’est rendu à Pondichéry et en a fait un récit. Ce livre, Voyage dans les mers de l’Inde […] publié à Paris en 1779, fait également partie du fonds ancien de la bibliothèque Lettres et Sciences humaines (Res 520).

Il part en 1760, mais le conflit colonial de la guerre des Sept Ans l’empêche de débarquer et donc d’observer le phénomène. Une fois la ville restituée à la France en 1763, il décide de rester sur place, de construire un observatoire et de réunir le matériel nécessaire pour observer le passage de Vénus prévu pour 1769. Arrivent le jour du transit, et de mauvaises conditions météorologiques qui empêchent l’observation ! Suite à ce second échec, il décide de rentrer en France, mais une tempête déroute et oblige son bateau à faire escale à La Réunion.

Lorsqu’en 1771, il réussit enfin à rentrer chez lui, tous le croit mort : son siège à l’Académie des sciences a été réattribué, sa femme s’est remariée, ses héritiers se sont partagés ses biens… Il faudra deux procès et l’intervention du roi pour qu’il récupère ses droits.


Le premier volume du tome 1 du Voyage en Sibérie de Jean Chappe d’Auteroche est actuellement exposé au 2e étage de la bibliothèque Lettres et Sciences humaines. L’intégralité du texte (2 tomes en 3 volumes) est, quant à elle, disponible en ligne sur Gallica.

M. l’Abbé Chappe étoit de taille médiocre, assez replet, d’une tempérament robuste & très-vif ; il avoit une ame simple, libre & franche & un cœur noble, droit & plein de candeur ; il étoit naturellement gai, social & porté à l’amitié ; il étoit lié avec ce qu’il y avoit de plus grand, le Roi même daignoit souvent s’entretenir avec lui & a honoré sa mort de ses regrets ; jamais personne n’a été plus désintéressé que lui, il aimoit la gloire, mais il ne voulait l’obtenir qu’à bon titre ; il vouloit mériter ses faveurs & non pas les dérober ; son courage & sa fermeté étoient sans bornes, ce que nous avons dit de lui en fournit plus d’une preuve ; il eût été seulement bien à désirer que la dernière qu’il en a donnée & qui mérite tant d’éloges, lui eût été moins funeste.

Histoire de l’Académie royale des sciences

Pour en savoir plus

Vous pouvez également voir une vidéo du transit de 2012 :

Et si vous souhaitez connaître les dates des prochains transits de Vénus : http://astro.ukho.gov.uk/nao/transit/V_1761/index.html !

Merci à Delphine Bramaz, stagiaire, et à Alice Mauvillain pour ce riche article et leur travail sur les fonds patrimoniaux de la bibliothèque Lettres et Sciences humaines – SCD Bordeaux Montaigne.

Le Nouveau Monde à l’époque de Montaigne : autour de l’Histoire générale des Indes de Francisco López de Gómara

C’est dans ce refuge [sa bibliothèque], qui était en même temps un observatoire, que [Montaigne] lut les relations des voyageurs français au Brésil […] mais aussi les chroniqueurs espagnols […].

Frank Lestringant, Le Brésil de Montaigne, p. 11-12

L’Histoire générale des Indes de Francisco López de Gómara parait en 1552 à Saragosse dans l’atelier d’Agustín Millán. La première partie est une chronique de la découverte et de la conquête de l’Amérique de Christophe Colomb à Francisco Pizarro, et la seconde concerne la conquête du Mexique mais elle est surtout conçue comme une biographie du conquistador Herman Cortés.

C’est un succès et l’ouvrage est à nouveau édité l’année suivante à deux reprises en Espagne. Malgré une ordonnance royale d’interdiction, suivront très rapidement en 1554 une autre édition saragossane et trois anversoises.

Il s’agit des dernières versions espagnoles avant le XVIIIe siècle, car la censure est virulente : pour accéder au texte, il faudra désormais le lire en italien, en français ou en anglais (sur ce point, voir aussi : Christian Duverger, Cortés et son double, p. 63-64) !

Cet ouvrage du XVIe siècle est actuellement exposé à la bibliothèque Lettres et Sciences humaines (3e étage) à l’occasion du Moi(s) Montaigne.

#TrésorDeBU n°3 – Calepin : du nom propre au nom commun

Pour ce 3e #TrésorDeBU, revenons sur l’histoire d’un mot, celui d’un outil particulièrement utile avant l’avènement des smartphones (et encore aujourd’hui) : le calepin.

Calepino et son dictionnaire

Ambrogio Calepino est un moine augustin du XVe siècle. Dans son couvent de Bergame, il passe une trentaine d’années à rédiger un dictionnaire qui va connaître un immense succès au cours des trois siècles qui vont suivre.

La première édition parait chez Dionisio Bertocchi à Reggio nell’Emilia en 1502. Au départ, il s’agit plutôt d’une compilation de définitions latines, sorte de lexique avec des digressions encyclopédiques, des équivalences en grec et des citations d’auteurs classiques antiques aussi bien que des Pères de l’Église.

Le lexique va peu à peu devenir un dictionnaire polyglotte à la faveur de nombreuses révisions, corrections et additions au cours des siècles. La présente édition lyonnaise datée de 1565 marque les débuts du succès de la formule plurilingue et l’apparition du français.

On recense effectivement environ deux cents éditions distinctes du « Calepino », dont les deux tiers au XVIe siècle. Certaines comptabilisent une dizaine de langues. Une vingtaine de villes, la plupart en Europe, représentent autant de lieux d’impression. L’importance de la production et le retentissement sont tels que par métonymie, on adoptera en France le mot calepin comme synonyme de dictionnaire.

Comme Littré, mais par chauvinisme, citons Montaigne :

Une pierre, c’est un corps. Mais qui presserait : « Et corps qu’est-ce ? Substance. Et substance quoi ? » ainsi de suite, acculerait enfin le répondant au bout de son calepin. On échange un mot pour un autre mot, et souvent plus inconnu.

Montaigne, Essais, III, chap. 13

Au XVIIIe siècle le calepin prendra peu à peu le sens actuel que nous lui connaissons en devenant un recueil de note ou un petit carnet, bien différent du volumineux in-folio d’origine exposé au 2e étage de la bibliothèque Lettres et Sciences humaines

Pour en savoir plus sur l’histoire du calepin

Vous pouvez également écouter :

On ne résiste pas non plus à partager ici les illustrations extraites de l’article du Geektionnerd, un blog écrit et dessiné par Simon « Gee » Giraudo :

« Calepin » dans le Geektionnerd (https://geektionnerd.net/calepin, article posté le 23 mai 2011, consulté le 29 mars 2019)
« Calepin » dans le Geektionnerd (https://geektionnerd.net/calepin, article posté le 23 mai 2011, consulté le 29 mars 2019)

#TrésorDeBU n°2 – Un caractère persistant

C’est non pas un mais deux trésors qui se livrent actuellement à vous au 2ème étage de la bibliothèque Lettres et Sciences humaines !

Un caractère persistant

La « lettre françoise d’art de main » ou « lettre façon descriture », typographie plus communément appelée « caractère de civilité », reproduit la lettre cursive gothique manuscrite. L’emploi de ce caractère qui imite l’écriture française des hommes de lettres du milieu du XVIe siècle a connu rupture et discontinuité au cours de trois siècles d’histoire de l’imprimerie. Les deux ouvrages présentés illustrent les deux moments clés de son utilisation.

Les origines

À Lyon, en 1557, Robert Granjon, un des plus grands graveurs et fondeurs de caractères français du XVIe siècle, fait paraître le premier livre imprimé avec les caractères de civilité qu’il a dessinés et gravés. Il s’agit de la traduction française Dialogue de la vie et de la mort d’Innocent Ringhieri dont est exposé l’exemplaire de l’Université Bordeaux Montaigne. De l’aveu même de son créateur, ce caractère est destiné à concurrencer le romain et l’italique par une lettre qui se veut française.

Cependant, malgré une diffusion d’environ 300 éditions sur cent ans et qui s’étend à toute l’Europe humaniste, le caractère n’a pas le succès national espéré. Cantonné à certains types d’ouvrages, il se fait de plus en plus rare, pour disparaitre complètement au cours du 17e siècle…

Le renouveau

Ces caractères spéciaux pourtant réapparaissent dans les presses françaises en 1703 grâce au succès de la publication par Saint Jean-Baptiste de la Salle des Règles de la bienséance et de la civilité chrétienne. Dès lors la plupart des manuels de savoir-vivre utilisés dans les écoles sont imprimés en caractères cursifs. C’est le cas du second livre exposé : La civilité puérile et honnête, pour l’instruction des enfans de Mathurin Cordier. Outre l’instruction des règles de savoir-vivre, ces manuels de pédagogie à destination des écoliers servaient à l’enseignement de la lecture ainsi qu’à l’apprentissage de l’écriture. Leur production augmente tout au long du XVIIIe et culmine au début du XIXe siècle où le caractère prend conformément à son usage le nom de civilité.

Aujourd’hui demeurent quelques polices numériques inspirées de cette typographie originale tombée en désuétude. Il n’en reste pas moins que, comme l’indique Rémi Mathis :

l’exemple d’une typographie venant tout droit d’une tradition gothique, traversant pourtant la Renaissance et revenant en grâce au beau milieu du XVIIIe siècle est sans équivalent.

Pour en savoir davantage sur les caractères de civilité

Entretien : Rémi Jimenes (Centre d’étude de la Renaissance, Tours), Catherine Volpilhac-Auger (ENS de Lyon et IUF) – durée 25:22

A bientôt pour un prochain #TrésorDeBU !

Festival Lettres du Monde : Welcome ! – 16 au 25 novembre 2018

Du 16 au 25 novembre 2018 se déroulera la 15e édition du festival des littératures du monde organisé par l’association Lettres du Monde. Découvrez sur son site la liste complète des auteurs invités ainsi que la programmation des rencontres littéraires en différents lieux, à Bordeaux mais aussi dans toute la Nouvelle Aquitaine !

À l’Université Bordeaux Montaigne, des rencontres sont prévues avec :

  • Carlo Lucarelli (Vendredi 16 novembre, 10h30, salle B007)
  • Sinan Antoon (Lundi 19 novembre – 15H30)
  • Kirmen Uribe (Mardi 20 novembre – 13h45 – Maison des étudiants)
  • Luke Mogelson (Jeudi 22 novembre – 9H30 – IUT Bordeaux Montaigne)
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📖 La 15e édition du festival @lettresdumonde bat son plein : jusqu'au 25 novembre, de multiples rencontres avec des auteur•rice•s du monde entier 🗺️ sont organisées à @bordeauxmaville, @bordeauxmetropole et dans toute la @nouvelle_aquitaine ! 😚 • L'@ubmontaigne n'est pas en reste puisque 4 rencontres s'y sont déjà déroulées ou se dérouleront d'ici la fin de la semaine : • 📌 Carlo Lucarelli (Vendredi 16 novembre, 10h30, salle B007) • 📌 Sinan Antoon (Lundi 19 novembre – 15H30) • 📌 Kirmen Uribe (Mardi 20 novembre – 13h45 – Maison des étudiants) • 📌 Luke Mogelson (Jeudi 22 novembre – 9H30 – IUT Bordeaux Montaigne @iutmontaigne) • 👉 Exposition au 3ème étage de la #bibliothèque de Lettres et Sciences humaines #bibLSh avec une sélection d’ouvrages des auteur•rice•s invité•e•s comme notamment Ali Al-Muqri, Sinan Antoon, Edmond Baudoin, Javier Cercas, Aslı  Erdoğan, Khaled Khalifa, Dany Laferrière, Carlo Lucarelli, Lisa Mandel, Luke Mogelson, Elsa Osorio, Miguel A. Semán, Burhan Sönmez , Lyonel Trouillot, Kirmen Uribe et Brian Van Reet ! • 📅 Programme et infos sur notre blog "Le chai des bibs", le site de l'Université Bordeaux Montaigne et sur le site du festival ! 📚 — #bubmontaigne #bulettresetscienceshumaines #ubmontaigne #bordeauxmontaigne #littérature #lettresdumonde #bordeauxculture #bordeaux #welcome #booklove #bookstagram #littératureétrangère #mardiconseil #librariesofinstagram #instabooks #instalibrary

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Vous trouverez en exposition au 3ème étage de la bibliothèque de Lettres et Sciences humaines une sélection d’ouvrages des auteurs invités de ce festival, comme notamment Ali Al-Muqri, Sinan Antoon, Edmond Baudoin, Javier Cercas, Aslı  Erdoğan, Khaled Khalifa, Dany Laferrière, Carlo Lucarelli, Lisa Mandel, Luke Mogelson, Elsa Osorio, Miguel A. Semán, Burhan Sönmez , Lyonel Trouillot, Kirmen Uribe et Brian Van Reet.

#TrésorDeBU n°1 – L’histoire d’une page manquante

Le fonds patrimonial de la bibliothèque Lettres et Sciences humaines

Parmi les centaines de milliers de documents que conservent sur ses rayonnages la bibliothèque de Lettres et Sciences humaines, plus de 80 000 d’entre eux constituent par leur ancienneté même le fonds patrimonial. Tous ne sont pas rares ni même précieux mais ils nécessitent des conditions de conservation ainsi qu’une expertise particulière.

Constitués aux fils des décennies, ces fonds ont des origines diverses. D’une part, ils sont issus d’anciennes bibliothèques bordelaises : de la Faculté de Théologie de Bordeaux, supprimée en 1885 ; des bibliothèques de l’Archevêché des Grand et Petit séminaires, des couvents confisqués après 1905 ; du legs de l’Académie nationale des sciences, belles lettres et arts de Bordeaux en 1924, dans lequel on remarque la bibliothèque du Président Jean Bardot (1695-1771) bibliophile et ami de Montesquieu. D’autre part, ils sont également le fruit de donations et d’achats de bibliothèques de bibliophiles, d’érudits et de spécialistes comme Charles Roullet (1769-1847), Gaston Lespiault (1823-1904), Arsène Darmesteter (1846-1888), Édouard Bourciez (1854-1946), Jean-Auguste Brutails (1859-1926), Georges Radet (1859-1941), Antoines Meillet (1866-1936), Georges Cirot (1870-1946), Charles Beaulieux (1872-1954). Les centres d’intérêt et les goûts de ces éminentes figures ont façonné le profil et la qualité de ce fonds.

Prenez de l’altitude avec un #TrésordeBU

Afin de lever le voile sur ces collections et d’attiser votre curiosité, nous vous présenterons régulièrement quelques pépites qui en sont issues. Ces trésors des BU de l’Université Bordeaux Montaigne seront visibles au 2ème étage de la bibliothèque, dans le couloir menant à la salle audiovisuelle.

Actuellement, vous pouvez découvrir l’ouvrage majeur d’un père jésuite italien du XVIIe siècle, Francesco Lana Terzi, scientifique, enseignant et doté d’un indéniable talent d’inventeur. Ce livre, le « Podromo », publié en 1670, est célèbre pour son chapitre « Construire un navire qui se soutienne dans l’air […] », plus connu sous le titre de « barque volante ». Il attirera l’attention de ses contemporains, sera réédité en brochure et se trouvera au centre de nombreuses discussions scientifiques. Lana y formule, en effet pour la première fois l’idée théorique du ballon plus léger que l’air. À ce titre, il est considéré comme un des pionniers de l’aérostation.

A bientôt pour un prochain #TrésorDeBU !

#ÀnosIllustres : Élie Vinet, Robert Étienne, Henri Guillemin…

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Tout cet été, en vue d’une rénovation de sa signalétique (à l’avenir, les deux bâtiments principaux se nommeront Rosa Bonheur et Flora Tristan) l’Université Bordeaux Montaigne vous a invité à redécouvrir ses « illustres » (universitaires, enseignants, historiens, humanistes, etc.) qui ont donné leur nom à des amphithéâtres mais aussi à certaines de vos bibliothèques !

Débutons cette petite rétrospective avec ceux dont vos BU portent le nom :

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Dernier personnage de la série #Ànosillustres ! Elie Vinet (1509-1587) Humaniste français, philologue, archéologue, traducteur et historien de la Renaissance, recteur de l’université de Bordeaux Elie Vinet est né en 1509 dans le département de la Charente. Après de brillantes études à Angoulême, puis à Poitiers, il obtint le titre de " maître es arts " ; commença alors, comme pour beaucoup de savants de son temps, une vie errante d’enseignant : Barbezieux, puis Paris, Bordeaux, au collège de Guyenne, à Coïmbra au Portugal et de nouveau Bordeaux en tant que recteur de l’université où il termina sa carrière et ses jours en 1587. Élie Vinet est considéré comme le fondateur de l'érudition à Bordeaux. Il s'intéresse au patrimoine romain bordelais et en laissera des reconstitutions qui restent un modèle pour les historiens. L’esprit de la Renaissance se caractérise par une curiosité universelle, qui ne connaît pas encore le cloisonnement des savoirs : ainsi l’œuvre d’Elie Vinet touche le domaine des sciences, celui de l’histoire ancienne, celui des langues anciennes, avec de très nombreuses traductions, notamment d’Ausone et de Catulle. Elie Vinet fut enseignant au collège de Guyenne alors que Michel de Montaigne y débutait ses études. La bibliothèque #UBMontaigne spécialisée en histoire et histoire de l’art de l’Université Bordeaux Montaigne porte son nom. #UBMontaigne #ÀNosIllustres #CampusEnCommun #NotreHistoire #Bordeauxmaville Bio rédigée en collaboration avec les @bubmontaigne Illustration par @ludivio_

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Saviez-vous qu’un fonds Georges Cirot est conservé dans vos bibliothèques ? Vous pouvez découvrir certains de ces documents numérisés sur 1886, le site des collections patrimoniales de l’Université Bordeaux Montaigne : http://1886.u-bordeaux-montaigne.fr/collections/show/18.

Terminons avec une mention toute particulière pour Robert Escarpit (1918-2000) qui, s’il n’a pas donné son nom à une des BU de Bordeaux Montaigne, n’en reste pas moins un grand nom des sciences de l’information et de la communication.
À noter dans vos agendas : un colloque international en commémore le centenaire les 20 et 21 septembre 2018 !

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#ÀNosillustres avec Robert Escarpit. Bio rédigée en collaboration avec @bubmontaigne Illustrations de @ludivio_ —- Robert Escarpit (1918 -2000) Universitaire, journaliste et écrivain, fondateur de l’IUT Bordeaux Montaigne, président de l’université Bordeaux 3. Robert Escarpit est né le 24 avril 1918 à Saint-Macaire (Gironde). Si le grand public connaît Robert Escarpit pour ses billets publiés de manière quasi-quotidienne dans le Monde pendant une trentaine d’années, c’est le chercheur que l’Université Bordeaux Montaigne connaît le mieux. Au sein de l’université, il a en effet été l’un des acteurs majeurs des sciences de l’information et de la communication, participant activement à « l’école de Bordeaux » qui dominait alors cette discipline. En 1967, il est chargé de créer à Bordeaux le premier IUT du secteur tertiaire consacré à l'apprentissage du journalisme et des Carrières sociales. En 1968, le champ s'élargit, avec l'ouverture de deux options, respectivement en documentation et en communication d'entreprise. Il préside l’université Bordeaux III de 1975 à 1978. Il est l'auteur d'une cinquantaine d'ouvrages, partagés entre des essais littéraires ou sociologiques et des romans. Extrait du billet Au jour le jour, de Robert Escarpit paru dans Le Monde le samedi 4 mai 1968, sous le titre La faute à Voltaire ? « Lorsque dans dix ou vingt ans, M. Daniel Cohn-Bendit et ses amis seront doyens, recteurs, ministres ou l’équivalent sous quelque autre nom, je leur souhaite d’affronter la révolte de leurs propres étudiants avec autant de modération qu’on en fait preuve à leur égard, aujourd’hui, à Nanterre. » Le plateau TV de l’IUT Bordeaux Montaigne @iutmontaigne porte son nom #UBMontaigne #ÀNosIllustres #CampusEnCommun #NotreHistoire #Bordeauxmaville

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Et pour conclure, il nous fallait bien citer l’illustre Michel de Montaigne !

L’émoi de mai : 1968-2018 (épilogue)

Il y a quelques semaines s’achevait « L’émoi de mai : 1968-2018 » :
petite rétrospective en tweets et en images !

Tout au long du mois de mai (2018), dans le cadre des commémorations nationales des 50 ans de Mai 68 et plus spécifiquement celles de l’Université Bordeaux Montaigne, les BU vous ont proposé un ensemble de conférences, projections et expositions en accès libre et ouvert à tou·te·s.

Dès le 22 mars, nous avions teasé avec une petite vidéo. Pourquoi le 22 mars ? Réponse ci-dessous…

 

En mai donc, un demi-siècle après les événements qui ont enflammé les universités, et au-delà toute la société française, européenne et occidentale, les bibliothèques de l’Université Bordeaux Montaigne vous ont convié à revivre – un peu – l’émoi de mai. L’occasion pour toutes et tous de plonger dans les collections de revues, livres et films de plusieurs bibliothèques de l’Université (BU Lettres et Sciences humaines, bibliothèque Élie Vinet, bibliothèque LE-LEA et la bibliothèque de géographie-cartothèque).

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Parmi les documents mis en avant, citons :

Exposées dans le couloir desservant la salle audiovisuelle de la BU Lettres et Sciences humaines, des reproductions d’affiches d’étudiant·e·s bordelais·e·s ainsi qu’une sélection d’affiches iconiques réalisées par l’Atelier Populaire des Beaux-Arts.

Et en guest-star, tout droit (re)venue du Musée d’Aquitaine et inaugurant notre compte Instagram : Athéna dite « Pallas de Velletri » et ses larmes noires…

Nous vous avons même offert l’occasion de donner la parole aux « murs » (et de vous exprimer ouvertement) :

Commémorer Mai 68 ne saurait poser des questions sur le positionnement historiographique de tels évènements. Par delà les polémiques, il n’en demeure pas moins que Mai 68 marque une rupture dans la politique française. Les différentes interventions programmées dans le cadre de « L’émoi de mai : 1968-2018 » participaient de ce même intérêt : apporter un œil critique, historique ou esthétique, sur Mai 68.

#LÉmoiDeMai n°1 et l’inauguration tant attendue :

#LÉmoiDeMai n°2 :

#LÉmoiDeMai n°3 :

Et pour conclure, #LÉmoiDeMai n°4 : l’avant-première de « À chacun son Mai », un documentaire sur le mouvement de Mai 68 en Dordogne, en présence des réalisateurs Manuel Senut et Vincent Tejero, diplômés du master Documentaires et Archives de l’Université Bordeaux Montaigne

 

 

Une bande dessinée documentaire à Bordeaux Montaigne : L’Histoire de Bordeaux par Charles Higounet (1983)

La bande dessinée La Balade nationale de la collection « Une histoire dessinée de la France » dessinée par Etienne Davodeau, sur un texte de l’historien Sylvain Venayre, réinvente la vulgarisation historique en bande dessinée.

Mais savez-vous que l’Université Bordeaux Montaigne était en la matière en avance sur son temps ? Nous avons déniché pour vous dans les magasins de la bibliothèque l’illustre et local ancêtre de cet album : la bande dessinée L’Histoire de Bordeaux, éditée par Dargaud en 1983, coordonné par Charles Higounet et avec un dessin de Lionel Labeyrie.

De quoi s’agit-il ? En une quarantaine de pages nous est racontée en images l’histoire de la ville de Bordeaux depuis l’arrivée des Bituriges Vivisques en 200 av. JC jusqu’à l’arrivée du TGV dans le port de la Lune au début des années 1980 (après JC). La formule employée est un peu archaïque : du texte sous l’image, parfois un peu bavard mais finalement synthétique ; et si le dessin fleure bon un réalisme caractéristique de la bande dessinée pédagogique de cette époque, il dénote aussi un vrai souci de documentation. On y retrouvera les figures marquantes de l’histoire de la ville, Aliénor d’Aquitaine, Michel de Montaigne, Montesquieu, Adrien Marquet, Jacques Chaban-Delmas…

Cette version dessinée de l’histoire de Bordeaux est-il autant qu’on pourrait le croire un objet improbable ? Pas forcément. Il vient après la fin de la parution de la célèbre Histoire de France en bandes dessinées par les éditions Larousse (1976-1978) : une vaste fresque en 23 volumes. Et durant toutes les années 1970, des enseignants et universitaires comme Antoine Roux ou Serge Tisseron ont réussi à démontrer à leurs pairs que la bande dessinée pouvait être un allié pour le professeur.

Alors il n’est pas si surprenant qu’en ce début des années 1980, alors qu’il vient juste de publier aux éditions Privat une Histoire de Bordeaux en un volume, à destination d’un large public, Charles Higounet se lance dans l’aventure d’une bande dessinée pédagogique avec l’aide des éditions Dargaud et de la mairie de Bordeaux.

Ce qui frappe le plus dans cet album, et ce qui fait qu’il est, aussi un album pionnier, c’est l’enthousiasme manifeste des universitaires à réaliser ce travail. Dans sa préface Charles Higounet s’enorgueillit que Bordeaux soit la première agglomération française à proposer une histoire en bande dessinée (ce qui n’est pas tout à fait vrai car on compte une Histoire de Lyon par trois professeurs de la faculté de Lyon 2 en 1979, mais chez un petit éditeur généraliste, Horvath) ; il disserte sur la conception du scénario, l’attention portée à l’image via le « pittoresque », les choix graphiques et l’enrichissement de l’expérience pour l’historien… Il a réussi à emmener dans l’aventure la crème des historiens bordelais de l’époque : Robert Étienne, Jean-Pierre Poussou… La mode des « histoires en bande dessinée » de ces années 1970-1980 n’est d’ordinaire pas le fait d’universitaires (avec l’exception lyonnaise déjà citée). L’Université Michel de Montaigne est ici en avance sur son temps, avec cette alliance précoce entre des historiens et un éditeur de bande dessinée.

Si la lecture de l’album, par ses choix graphiques et son histoire simplifiée sur le mode du « roman national » peut nous paraître un peu désuète en 2018, il y a là un trésor qui méritait bien d’être exhumé…

Retrouvez les ouvrages cités dans cet article en consultation au 1er étage de la BU Lettres et Sciences humaines !

« Les animaux et nous » (UniverSCité, 2018)

Le collectif UniverSCité, animé par Aurélia Gaillard, propose un nouveau cycle de conférences ayant pour thème cette année : « Les animaux et nous ». Ce cycle s’articulera en trois séances qui se dérouleront à la Station Ausone (Librairie Mollat) les mardi 6 février, mercredi 7 mars et mardi 3 avril 2018. Des enseignant·e·s des université de Bordeaux (Université de Bordeaux et Université Bordeaux Montaigne) participeront à ces rencontres, rejoint·e·s par d’autres chercheur·e·s, confirmant ainsi la transversalité du sujet mêlant sciences de la vie et humanités, philosophie et littérature, théorie et fictions. Parmi les intervenants : Alain Prochiantz, Aurélia Gaillard, Stéphane Cormier, Violaine Giacomotto, Pascal Duris, Jean-Paul Engélibert, Charles-Yves Grandjeat, Sophie Jaussi, ainsi que les modératrices Chloé Damaret et Héloïse Dupuy.

De nombreux documents sur les relations homme-animal, l’éthique animale, les animaux dans la littérature ou les arts et bien plus encore (bibliographie à consulter en ligne sur Babord +) vous attendent dans les @Bubdxm et l’ensemble du réseau des bibliothèques universitaires de Bordeaux.

Pour plus d’informations sur cet évènement : http://www.u-bordeaux-montaigne.fr/fr/actualites/partenariats/les-animaux-et-nous.html

Egalement sur le site de la librairie Mollat : https://www.mollat.com/dossiers/universcite-/-les-animaux-et-nous