Jean Delumeau (1923-2020) : hommage

Jean Delumeau, éminent historien des religions, spécialiste du christianisme, ancien professeur au Collège de France et membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, est décédé lundi 13 janvier, à l’âge de 96 ans.

Ancien élève de l’École normale supérieure et agrégé d’histoire, il avait consacré ses recherches de doctorat à l’histoire économique et sociale (Vie économique et sociale de Rome dans la seconde moitié du XVe siècle (1957-1959), puis L’Alun de Rome XVe-XIXe siècle (1962)), avant d’orienter son travail vers le champ religieux, dès les années 1960. Son œuvre fut dès lors dominée par deux sujets : le sentiment de peur et la quête d’espérance en Occident.

Ainsi, à partir de 1975 et pendant près de vingt ans passés à la chaire d’Histoire des mentalités religieuses dans l’Occident moderne du Collège de France, il consacra ses recherches à l’analyse de la « pastorale de la peur », mécanismes qui ont dominé dans l’Église catholique du Moyen Âge jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, pour diriger les âmes en insistant sur les aspects inquiétants du christianisme (enfer, jugement, sacrilèges) à des fins de conversion.

Parmi ses travaux majeurs, on compte notamment Naissance et affirmation de la Réforme (1965), Le Catholicisme entre Luther et Voltaire (1971), La Peur en Occident XIVe-XVIIIe siècle (1978), Une histoire du paradis (1992-2000).

Les entretiens « A voix nue » que Jean Delumeau avait donnés en 2008 sont disponibles à la réécoute sur le site de France Culture.

Jean Delumeau
Photographie issue de l’article de La Croix du 6 septembre 2011 consacré à Jean Delumeau

La Grande Guerre en France

bB335222107_17_08_08_02_001

L’Argonne vu à vol d’oiseau. Éd. L. Burgy

 

A l’occasion de la commémoration du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918, la bibliothèque de géographie-cartothèque organise une exposition de cartes rappelant le déroulement de la Première guerre mondiale dans le nord et l’est de la France.

Des cartes récentes publiées par l’IGN sont accompagnées de cartes d’époque. Certaines sont numérisées et consultables sur 1886 comme cette carte des frontières de l’est. Ces cartes sont accompagnées d’autres types de documents (affiches, documents militaires), datant eux aussi de la période 1914-1918.

Rendez-vous à la Bibliothèque de géographie-Cartothèque, du 1er au 30 novembre.

Une bande dessinée documentaire à Bordeaux Montaigne : L’Histoire de Bordeaux par Charles Higounet (1983)

La bande dessinée La Balade nationale de la collection « Une histoire dessinée de la France » dessinée par Etienne Davodeau, sur un texte de l’historien Sylvain Venayre, réinvente la vulgarisation historique en bande dessinée.

Mais savez-vous que l’Université Bordeaux Montaigne était en la matière en avance sur son temps ? Nous avons déniché pour vous dans les magasins de la bibliothèque l’illustre et local ancêtre de cet album : la bande dessinée L’Histoire de Bordeaux, éditée par Dargaud en 1983, coordonné par Charles Higounet et avec un dessin de Lionel Labeyrie.

De quoi s’agit-il ? En une quarantaine de pages nous est racontée en images l’histoire de la ville de Bordeaux depuis l’arrivée des Bituriges Vivisques en 200 av. JC jusqu’à l’arrivée du TGV dans le port de la Lune au début des années 1980 (après JC). La formule employée est un peu archaïque : du texte sous l’image, parfois un peu bavard mais finalement synthétique ; et si le dessin fleure bon un réalisme caractéristique de la bande dessinée pédagogique de cette époque, il dénote aussi un vrai souci de documentation. On y retrouvera les figures marquantes de l’histoire de la ville, Aliénor d’Aquitaine, Michel de Montaigne, Montesquieu, Adrien Marquet, Jacques Chaban-Delmas…

Cette version dessinée de l’histoire de Bordeaux est-il autant qu’on pourrait le croire un objet improbable ? Pas forcément. Il vient après la fin de la parution de la célèbre Histoire de France en bandes dessinées par les éditions Larousse (1976-1978) : une vaste fresque en 23 volumes. Et durant toutes les années 1970, des enseignants et universitaires comme Antoine Roux ou Serge Tisseron ont réussi à démontrer à leurs pairs que la bande dessinée pouvait être un allié pour le professeur.

Alors il n’est pas si surprenant qu’en ce début des années 1980, alors qu’il vient juste de publier aux éditions Privat une Histoire de Bordeaux en un volume, à destination d’un large public, Charles Higounet se lance dans l’aventure d’une bande dessinée pédagogique avec l’aide des éditions Dargaud et de la mairie de Bordeaux.

Ce qui frappe le plus dans cet album, et ce qui fait qu’il est, aussi un album pionnier, c’est l’enthousiasme manifeste des universitaires à réaliser ce travail. Dans sa préface Charles Higounet s’enorgueillit que Bordeaux soit la première agglomération française à proposer une histoire en bande dessinée (ce qui n’est pas tout à fait vrai car on compte une Histoire de Lyon par trois professeurs de la faculté de Lyon 2 en 1979, mais chez un petit éditeur généraliste, Horvath) ; il disserte sur la conception du scénario, l’attention portée à l’image via le « pittoresque », les choix graphiques et l’enrichissement de l’expérience pour l’historien… Il a réussi à emmener dans l’aventure la crème des historiens bordelais de l’époque : Robert Étienne, Jean-Pierre Poussou… La mode des « histoires en bande dessinée » de ces années 1970-1980 n’est d’ordinaire pas le fait d’universitaires (avec l’exception lyonnaise déjà citée). L’Université Michel de Montaigne est ici en avance sur son temps, avec cette alliance précoce entre des historiens et un éditeur de bande dessinée.

Si la lecture de l’album, par ses choix graphiques et son histoire simplifiée sur le mode du « roman national » peut nous paraître un peu désuète en 2018, il y a là un trésor qui méritait bien d’être exhumé…

Retrouvez les ouvrages cités dans cet article en consultation au 1er étage de la BU Lettres et Sciences humaines !

Festival international du film d’histoire à Pessac : Culture et Liberté

Pour Jean-Noël Jeanneney « la contrainte féconde et la liberté mortifère ». Les limites imposées, celles politiques, sociales ou même intellectuelles, sont autant de frontières à franchir pour l’esprit libre. De l’entrave naît la création qui finalement devient une nouvelle forme de culture, une culture innovante.

Cette idée est abordée via de nombreux exemples à l’occasion du 27ème Festival international du film d’histoire à PESSAC. La manifestation, qui a lieu du 14 au 21 novembre, propose une série de projections, mais aussi de rencontres sur cette thématique.

affiche-festival-pessac

Intitulé cette année « Culture et liberté », ce rendez-vous est l’occasion de redécouvrir l’inventivité qui perdure dans ses diverses expressions artistiques même dans un contexte contraignant.

Une bibliographie vous permettra de mieux appréhender les enjeux. La bibliothèque histoire/histoire de l’art (Élie Vinet) vous propose en parallèle une exposition où tous les livres sont empruntables.

Bonne lecture !

Festival du film d’histoire de Pessac : à l’heure du Proche-Orient

 

L’Orient est un territoire propice au fantasme. L’imaginaire qui transparaît à travers les films (Lawrence d’Arabie de David Lean) et la littérature (Les Mille et Une Nuits) est fécond. Pourtant cette dimension irréelle contraste fortement avec la dure réalité d’aujourd’hui : celle d’une zone de conflits et de tensions.

Cette opposition est l’un des sujets abordés à l’occasion du 26ème Festival international du film d’histoire à PESSAC. La manifestation, qui a lieu du 31 mars au 3 avril, propose une série de projections, mais aussi des débats sur des thématiques actuelles propres à cette partie du monde.

Affiche un si Proche Orient

Intitulé cette année « Un si Proche-Orient », ce rendez-vous est l’occasion de redécouvrir la monumentale richesse historique d’une région, la création artistique présente (notamment cinématographique), mais aussi de discuter des perspectives futures.

Une bibliographie vous permettra de mieux appréhender les enjeux dans un contexte social complexe. La bibliothèque histoire/histoire de l’art (Élie Vinet) vous propose en parallèle une exposition où tous les livres sont empruntables.

Bonne lecture !

Une rencontre à venir : les Rendez-vous de l’histoire à Blois

Les Rendez-vous de l’Histoire est une manifestation culturelle qui se veut un lieu d’échanges entre historiens. C’est aussi un rassemblement populaire proposant un salon du livre, des débats avec des intervenants ou bien encore un cycle cinéma.

A l’occasion de cette 18ème édition (du 8 au 11 octobre 2015 à Blois), la bibliothèque Elie Vinet vous propose une sélection d’ouvrages en rapport avec la thématique abordée cette année: les empires. Vous découvrirez ainsi une partie de ceux qui ont jalonné l’Histoire.

Rendez-vous de l'histoire

De l’Imperium romanum à l’Empire napoléonien, approfondissez vos connaissances grâce à une bibliographie et une exposition à la bibliothèque histoire/histoire de l’art où tous les livres sont empruntables.

Bonne lecture!

Hommage à Jacques Le Goff

Faut-il vraiment découper l'histoire en tranches ?

Le monde des historiens et de la culture retiendra surement les ouvrages de Jacques Le Goff. Il est né le 1er janvier 1924, à Toulon. Dans sa jeunesse, il se révéla « antimilitariste » et « résolument du côté du Front Populaire ». Il enseigna d’abord à Paris, puis à Lille avant d’entrer au CNRS et de devenir, à partir de 1972, directeur de le VIe section de l’École Pratique des Hautes Études. Il étudia presque tout du Moyen-Âge, des rêves à la représentation des corps. Certains de ses ouvrages eurent un fabuleux succès, à l’image de La Naissance du purgatoire de 1981 ou de Saint Louis, paru en 1996.

Jacques Le Goff s’est éteint le 1er avril 2014, à Paris.

Les bibliothèques de Lettres et d’Histoire-Histoire de l’Art, Elie Vinet, vous proposent de découvrir ou redécouvrir les travaux de Jacques Le Goff à travers une sélection dans Babord+. Certains de ces ouvrages sont exposés à la bibliothèque Élie Vinet.

Auteur de l’article : Marion Anras

Le centenaire de la Grande Guerre dans les bibliothèques de l’Université

Illustration © Casterman, Tardi

« Je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans. Je ne la déplore pas moi… Je ne me résigne pas moi…Je la refuse tout net avec tous les hommes qu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils 995 même et moi tout seul, c’est eux qui ont tort et c’est moi qui ai raison car je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir »

Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit.

A l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, les bibliothèques de Lettres, d’Histoire-Histoire de l’Art  et d’Études germaniques  mettent en avant leurs collections sur le sujet. Vous pouvez dès à présent consulter et emprunter ces documents.

À la BU Lettres :

A la BU Histoire-Histoire de l’art :

À la BU d’Allemand :

Pour aller plus loin :

Illustration © Casterman, Tardi

Marion Anras

Games of thrones IRL*, essai de relecture historique du Trône de fer

Siège VIIe ou VIIIe siècle (?) ; dossier et accoudoirs 2e moitié du IXe siècle
Bronze en partie doré ;
Insigne de la royauté provenant du Trésor de Saint-Denis
BnF, Monnaies, Médailles et Antique, Inv. 55-651

Le cycle du Trône de fer (Games of Thrones en anglais) de l’auteur américain George R. R. Martin s’inscrit dans la longue lignée de la littérature du merveilleux plus connue sous son appellation anglaise de « fantasy » particulièrement ancrée dans un univers d’inspiration médiévale.

Le propre de la fiction est bien souvent de proposer une lecture différente de la réalité. Il reste cependant possible de retrouver quelques caractéristiques du récit du Trône de fer dans l’évocation que nous délivre les historiens du haut Moyen-âge et de la période féodale du 6eme au 12eme siècle. Géopolitique des serments, royauté symbolique, expansion religieuse ou émergence du chevalier sont autant de thèmes issus de cette période souvent méconnue.

Loin d’épuiser le sujet, voici quelques suggestions de lecture disponibles à l’université autour de l’exemple français et scandinave :

Un petit jeu pour finir:

L’œuvre de George R. R. Martin présente au moins une qualité indéniable pour tout médiéviste qui se respecte. l’évocation des différents blasons des seigneurs des 7 royaumes suit en général les quelques règles qui structurent l’héraldique européenne.

Saurez-vous identifier l’origine historique des blasons ci dessous qui auraient pu inspirer le Trône de fer ?

Stark
Stark

Barathéon
Barathéon

Lannister
Lannister


* IRL:  « In real life » traduisez « rencontre réelle » ou « rencontre IRL » d’après le Grand dictionnaire terminologique

Des idées de voyage pour les vacances

Deuxième volet de notre série sur les outils scientifiques gratuits sur le web, voici Orbis, une application de modélisation spatiale du monde romain antique. Sur le principe d’un système d’information géographique, le service des humanités numériques des bibliothèques de l’Université de Stanford vous propose de calculer  les meilleurs itinéraires pour rallier les principales cités du monde antique par voie terrestre, fluviale ou maritime en fonction de différents moyens de transport.

Ainsi un citoyen romain du IIIème siècle ap. J.-C., résidant à Burdigala devra penser à partir au moins 20 jours à l’avance pour profiter de la douceur de l’Afrique et passer les fêtes du solstice d’hiver au pied des ruines de Carthage.

Le tutoriel vidéo de l’application

Rendez-vous prochainement pour découvrir un nouvel outil scientifique gratuit !