« La Terre des Fils » de Gipi, la post-apocalypse en bandes dessinées

Sur les causes et les motifs qui menèrent à la fin, on aurait pu écrire des chapitres entiers dans les livres d’histoire. Mais après la fin, aucun livre ne fut plus écrit.

On trouve ces quelques mots en introduction et en quatrième de couverture de La Terre des Fils, ce nouvel album de Gipi, iconoclaste auteur italien, également réalisateur et illustrateur pour le quotidien national La Reppublica. Un livre est pourtant au cœur de cette histoire post-apocalyptique plus proche de La Route de Cormac McCarthy que de The Walking Dead : le journal rédigé par le père des deux fils. Pour qui ? Pour quoi ? Sachant qu’il ne leur a jamais appris ni à lire ni à écrire, leur parlant le moins possible du monde d’avant qui ne ferait que les affaiblir et les rendre encore plus fragiles dans ce nouveau monde rude et rustre, où chaque rencontre est un danger mortel potentiel.

Les garçons. Ils ont tué un chien. C’est normal pour nous. Maintenant. Les chats, les chiens, on les tue. On les mange. C’est très bien. Mais moi, là, avec eux… Je devrais faire quoi ? Leur dire qu’avant, les chiens restaient sur les tapis. A côté des divans. Dans des maisons bien chaudes. Sèches. Et qu’au lieu de les manger, on les caressait ? Mais si je le faisais… Je devrais leur dire ce qu’était un tapis, un divan, une maison sèche. Et les caresses…

Que transmettre à ses fils de la douceur et de la beauté d’un monde à jamais disparu quand leur quotidien n’est plus que survie, peur et violence, isolés dans leur maison flottante sur un lac entouré par la mort, redevenue aussi banale qu’au Moyen Age ? C’est tout le dilemme qui ronge ce père, préférant alors stricte discipline et coups de bâton aux souvenirs et caresses pour toute éducation. Jusqu’au jour où lui aussi succombera, plus vite qu’il ne le croit, laissant ses deux adolescents seuls et livrés à eux-mêmes.

Ne pas se fier à cette couverture pas très engageante et à un dessin broussailleux qui tiendrait plus du crayonné que de Photoshop, rarement deux point noirs auront été si expressifs dans les regards.

Les comic-books à Henri Guillemin : un fonds MARVEL…OUS !

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Après avoir enchanté plusieurs générations de lecteurs, les comic-books (fascicules agrafés et imprimés sur du papier de médiocre qualité) sont devenus des objets d’étude pour les chercheurs et les étudiants de civilisation américaine de Bordeaux Montaigne.

La bibliothèque Henri Guillemin valorise ce fonds par des acquisitions régulières d’albums en VO  et d’essais  sur ces comics.

C’est pour poursuivre cet objectif qu’elle a progressivement intégré entre 2006 et 2009 le fonds Marvel, un don de 170 titres de comics  parmi lesquels Spiderman, X-men, Daredevil, Doctor Strange, Conan the barbarian…

Une collection passionnante à plus d’un titre :

–          6000 fascicules publiés au cours des années 60 à 90

–          Une collaboration étroite avec Jean-Paul Gabilliet, Professeur au département des études des mondes anglophones, qui a activement travaillé à intégrer ce fonds dans la bibliothèque

–          Des titres qui sont passés à la postérité et restent toujours d’actualité grâce à une exploitation cinématographique qui fait le pont entre les générations et restent source vivante d’études et de recherche pour les étudiants.

Pour en savoir plus sur la genèse du don Marvel

Sans oublier … le festival de la BD d’Angoulême (du 30 janvier au 2 février)

Et … les soirées Arte de février autour du film en trois partie de Michael Kantor : Super Heros, l’éternel combat

Manu Larcenet dans le Fonds BD de la BU Lettres

Le combat ordinaire, l'un des titres phare de Manu Larcenet
Le combat ordinaire, l’un des titres phare de Manu Larcenet

Manu Larcenet réalise grâce aux quatre volumes du « Combat ordinaire » (Dargaud éditions), une photographie de notre société pleine de justesse, de sensibilité et d’humour, un régal de tous les instants finement ciselé.

Manu Larcenet (né le 6 mai 1969 à Issy-les-Moulineaux) est un auteur de bande dessinée français. Avec « Le combat ordinaire », il devient l’un des principaux auteurs francophones. Il obtient le prix du meilleur album au Festival d’Angoulême 2004 grâce au premier album de cette série.

Il mêle, dans cette entreprise, autobiographie et réflexion à l’aide d’un graphisme léger et rond qui sied parfaitement à son découpage sobre, à ses cadrages frontaux.

C’est l’histoire d’un photographe en deuil, d’un atelier à ranger, d’un livre à finir, d’un génie médiocre, d’un cargo qui sombre, d’une fille patiente , d’horreurs banales, d’un chat pénible, d’un chantier qui ferme, d’un soir d’élection, d’une petite fille amoureuse…

Il faut lire les quatre volumes pour s’imprégner complètement de cet univers où se croisent une narration pleine d’humour, des réflexions existentielles et la mise en place d’un travail quotidien sous la forme, par exemple, de clichés photographiques magistralement dessinés. Voir les portraits du volume 2 « Les quantités négligeables » en noir et blanc, saisis dans l’instant, agrémentés d’une réflexion de l’auteur (page 48). « J’ai longtemps confondu l’artiste et son œuvre, ce n’est que grâce à la psychanalyse, par étapes successives, que j’ai vaguement pu dissocier les deux, on peut être un grand artiste et un sale con. »

Ne vous privez pas du plaisir que procure la lecture de cette série aux thèmes universels : l’amour , la mort, la famille, la paternité, le travail, où chaque idée est amenée avec tact, finesse, tendresse. Une épopée universelle dans laquelle chacun peut s’identifier en se débattant avec son propre « combat ordinaire ».

Pour suivre l’actualité de Manu Larcenet, on consultera son blog : http://www.manularcenet.com/blog/ et pour (re)découvrir ses ouvrages on viendra faire un tour à la BU :

Ce n’est qu’un extrait, on trouve en effet plus d’une trentaine d’ouvrages de Manu Larcenet dans Babord+, l’occasion de découvrir des fonds BD dans d’autres bibliothèques de Bordeaux.

Article rédigé par Sylvie Larmaraud, bibliothécaire à la BU Lettres.

Le CROUS expose ses « Fantasmes » à la BU Lettres.

Chaque année, les 28 CROUS de France organisent des concours culturels pour mettre un coup de projecteur sur la création étudiante, que ce soit à travers la BD, le film court, la nouvelle ou la photo. L’édition 2011 portait sur le thème des « Fantasmes ».

Du 26 mars au 13 avril 2012, la BU Lettres accueille une exposition de photographies et de planches de bandes dessinées réalisées en 2011 par des étudiants aquitains. Les lauréats de ces deux concours  sont d’ailleurs des étudiants de l’Université Bordeaux 3 !

Après les « Fantasmes » en 2011, la thématique 2012 sera celle de la « Vie Etudiante » pour ces 4 concours.

Pour tout renseignement, consultez le site du CROUS de Bordeaux.