L’Afrique équatoriale

On voyait sur la carte un fleuve, un grand fleuve puissant, qui ressemblait à un immense serpent enroulé, la tête dans la mer, le corps au repos, infléchi sur de vastes distances, la queue perdue au fond du pays.

Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres (1899)

Comme le personnage de Joseph Conrad, vous avez l’occasion en ce mois d’avril de laisser naviguer votre imagination sur les sinuosités du grand fleuve Congo. L’exposition cartographique vous propose en effet un voyage en Afrique centrale, le long de la ligne imaginaire qu’est l’équateur.

De Libreville à Kismaayo, en passant par Kisangani et Kampala, vous pourrez aussi découvrir les rivages du lac Victoria, ou bien les sommets du Mont Kenya et du Ruwenzori.

Rendez-vous à la bibliothèque de géographie-cartothèque, du 1er au 30 avril

Erg ou reg ? Exposition de cartes du Sahara

La bibliothèque de géographie-cartothèque vous propose une nouvelle exposition de cartes qui fait écho à la nouvelle question des concours du CAPES et de l’agrégation de géographie : L’Afrique, du Sahel et du Sahara à la Méditerranée (bibliographie proposée pour l’ensemble des @BUbdxm de l’Université Bordeaux Montaigne est consultable ici).

Cette exposition associe des cartes de toutes échelles, des cartes récentes et plus anciennes, dont certaines sont numérisées et consultables sur 1886. C’est le cas de cette carte d’une partie du Sahara septentrional, datant de 1888, ou encore de cette carte du Sahara de 1894.

Plusieurs assemblages de cartes (dont un de 26 feuilles au 1:200 000) vous immergeront dans l’immensité des étendues désertiques. En suivant les tracés des anciennes pistes caravanières, vous pourrez passer par quelques oasis telles Laghouat ou El Goléa. Ce périple au cœur du Grand désert passe également par les massifs du Tibesti, Hoggar, Adrar des Ifoghas et vous dévoilera des impacts météoritiques, des oueds, des hamadas et même « l’œil de l’Afrique » !

Du Fezzan au Djouf en passant par le Ténéré, si vous êtes attentifs, peut être entendrez-vous le chant des dunes… Rendez-vous à la Bibliothèque de géographie-Cartothèque, du 1er octobre au 30 novembre.

20171004_164540
Extrait de Carte de l’Afrique centrale au 1/200 000, feuille Bèmbéché (Tchad), IGN, 1965. Photo de l’auteur

Les expositions Iwalewa et le congrès de l’Apela : vues sur les arts de l’Afrique contemporaine

A l’occasion de ces deux manifestations centrées sur l’Afrique contemporaine, la Bibliothèque Universitaire de Lettres  vous présente des titres issus de ses collections en littérature et art : œuvres d’auteurs contemporains africains francophones ou anglophones, ouvrages critiques, documentaires etc.

Rendez-vous au 3ème étage pour consulter ou emprunter les documents exposés, reflet de la richesse des fonds de la BU.

Affiche Iwalewa3

Iwalewa

L’ambition de cette manifestation est de donner une vue aussi large que possible de la pop culture et des arts africains contemporains (art moderne, mode, photographie, musique pop et vidéo contemporaine). Elle prendra place dans quatre différents lieux, investis par un parcours de vernissage le mercredi 11 septembre :

11h : Maison des Arts, Université Michel de Montaigne Bordeaux3, Campus : installation vidéo de l’artiste d’avant garde Sam Hopkins et musique du groupe kenyan Just a Band

12h : Forum des Arts et de la Culture, Talence : PigaPicha! Présentation de photographies de studio de Nairobi

18h : Musée d’ethnographie de l’Université Bordeaux Segalen, Bordeaux : Un regard sur la mode africaine et son rôle social

20h : MC2A, Migrations Culturelles Aquitaine Afriques, Bordeaux: collection d’œuvres peintes d’artistes africains des cinq dernières décennies

Pour en savoir plus : http://www.u-bordeaux3.fr/fr/actualites/manifestations-culturelles.html

logo1

Congrès de l’APELA  du 26 au 28 septembre,

L’Association pour l’Étude des Littératures Africaines organise à la Maison des Suds, son congrès biennal intitulé « Archive, texte, performance», dont le programme détaillé se lit ici

 

Une histoire de l’Afrique médiévale

Longtemps, on a pensé qu’il n’y avait pas d’histoire en Afrique puisque qu’il n’y avait pas d’écriture. On sait aujourd’hui que  l’histoire ne commence pas avec l’écriture mais avec la domestication de l’agriculture. On connait aussi la raison pour laquelle les sociétés africaines n’ont pas développé les traditions écrites qui servent de source aux historiens : elles n’en avaient pas besoin, les spécialistes de la parole s’occupaient de la transmission de l’histoire.

Le dernier ouvrage de l’historien François-Xavier Fauvelle-Aymar, directeur de recherche au CNRS paru aux éditions Alma au printemps 2013, Le Rhinocéros d’or – histoires du Moyen Age africain, se veut une présentation de cette Afrique « des siècles d’or ».  Une Afrique pourvoyeuse d’or et lieu de riches royaumes.

Avant que l’Amérique ait été abordée par les européens, avant que les mines du Brésil aient été découvertes, l’or circulant en Occident provenait principalement de l’Afrique occidentale et australe où il a donné naissance à de riches empires : Wagadu, Ghana,  Mali, Songhai, Dahomey, Zimbabwe etc. L’histoire bien connue du pèlerinage à la Mecque du roi Moussa, qui prodigua tant d’or durant son voyage qu’il en fit déprécier la valeur au Caire pendant plusieurs années nous est rendue compte ici, non par les témoignages oraux des spécialistes de la parole, mais par d’autres sources.

L’auteur a en effet convoqué des traces écrites (lettres de négociants arabes, d’aventuriers, cartes de géographes), matérielles (vestiges archéologiques), il a comparé et critiqué les sources disponibles pour nous livrer une reconstitution de cette Afrique mobile, marchande et interlope d’avant les temps coloniaux. Un travail précis et passionnant qui ouvre des pistes de recherche sur l’Afrique aux temps médiévaux désormais abordée dans les classes du second degré.

Le Rhinocéros d’or – histoires du Moyen Âge africain, de François-Xavier Fauvelle-Aymar, Ed. Alma (2013) est disponible à la BU.

Il a fait l’objet , entre autre, d’une émission de radio : Les lundis de l’histoire sur France culture et d’un article dans la revue Histoire

Quelques lectures pour aller plus loin :