Géographes en action : retour sur le traitement documentaire d’un fonds photographique de l’université

Votre mission, si vous l’acceptez, est d’assurer le traitement documentaire du fonds de photographies de terrain des géographes de l’Université Bordeaux Montaigne, un fonds remontant aux années 1950.

Recrutée pour quelques mois, Delphine Bramaz a été chargée d’assurer cette mission consistant à :

  • réaliser un tri des différentes photos pour identifier celles pouvant être facilement diffusables tout en normalisant le stockage des photos (renommage, organisation des dossiers…) ;
  • numériser la partie du fonds encore non numérisée ;
  • signaler et indexer dans MédiHAL les photographies sélectionnées en vue de leur diffusion : préparation des métadonnées, choix des mots-clés, géolocalisation lorsque cela est possible…

Cette mission est financée par le CNRS dans le cadre du Consortium HumaNum ImaGEO, piloté par le laboratoire PASSAGES et dont le Service Commun de la Documentation de l’Université Bordeaux Montaigne est membre. Elle s’inscrit dans un cadre national plus large de numérisation et de valorisation de fonds iconographiques pour les géographes : cartes, plans, photographies de terrain…

Les photos de sorties-terrains des années 1950-1960

Présentation par Philippe Laymond, en charge de la Cartothèque

La cartothèque du SCD de l’université a numérisé les négatifs de milliers de photographies prises dans les années 1950 et 1960 par Aurélien Faure, le photographe de la Faculté de Lettres de l’époque. Ces photos en noir et blanc ont été prises à l’occasion d’évènements marquant la vie universitaire.

Dans ce fonds, près de 3000 photos ont été prises à l’occasion des sorties-terrains des géographes. Ces vues nous montrent les paysages traversés par les enseignants et étudiant·e·s de cette époque. Elles permettent aussi de ressentir l’ambiance à la fois studieuse et joyeuse de ces groupes d’universitaires sur le terrain.

Ces excursions étaient organisées en France, surtout dans le sud-ouest, mais aussi dans les pays limitrophes, particulièrement dans la péninsule ibérique, largement sillonnée par le bus des géographes bordelais.

Quelques questions à Delphine Bramaz

Avec les précisions des co-encadrants de cette mission, Philippe Laymond et Julien Baudry

Avant de débuter cette mission, quel était ton parcours ?

J’ai un parcours universitaire assez classique, dans le sens où j’ai enchaîné bac, licence, master. Après mon bac L, je suis entrée en licence de Lettres Modernes à Bordeaux, puis après trois ans et une licence validée je suis partie en Master Métiers de la science des patrimoines, option Patrimoine écrit et édition numérique, au Centre d’Études Supérieures de la Renaissance de Tours. Pendant ces deux années je me suis entre autres spécialisée dans l’étude et la conservation du patrimoine écrit ancien.

Ce Master a été l’occasion pour moi de faire un stage de quatre mois au sein de la bibliothèque Lettres et Sciences humaines, pendant lequel je me suis occupée de la réserve des livres patrimoniaux. Ce stage m’a convaincue de m’orienter vers les métiers des bibliothèques, particulièrement universitaires, et j’ai intégré l’année spéciale de DUT bibliothèques-médiathèques-patrimoine pour me spécialiser, année que j’ai terminée en juin 2020. Je suis arrivée au SCD mi-septembre.

Comment se déroule la numérisation de ces photographies ?

Pour numériser, il faut commencer par positionner les négatifs sur le support spécifique, en veillant à ce qu’ils soient dans le bon sens, pas de travers et bien bloqués ensuite. Un aperçu est d’abord généré par le scanner, visible sur le logiciel du scanner. On découpe sur l’aperçu la partie à numériser. La numérisation prend environ trois minutes en général, et il faut faire cela pour chaque négatif, un par un. Ça peut paraître long mais le rendu est génial !

MédiHAL, c’est quoi au fait ?

MédiHAL est une plateforme d’archive ouverte, au même titre que HAL, consacrée aux photographies et images scientifiques. Elle permet le dépôt, la conservation et la diffusion d’images, mais aussi de vidéos et de documents sonores. MédiHAL s’appuie sur le libre accès, les données mises en ligne sont donc accessibles au plus grand nombre.

Des fonds photographiques similaires existent-ils ?

Je ne sais pas si des fonds similaires existent, si on parle du type de fonds (photographie de sorties de terrain de géographie), mais j’ai pu observer ce qui était déjà présent sur MédiHAL et il y a déjà des fonds importants !

Philippe Laymond : Il y a effectivement de nombreuses photos de terrain de géographes sur MédiHAL. Environ 26 000 photos issues des fonds numérisés de plusieurs laboratoires de géographie français sont également visibles sur Navigae. On y trouve notamment une reconstitution dynamique de l’itinéraire d’Emmanuel de Martonne en Roumanie en 1921, avec ses photographies prises dans la région et la transcription au fil des pages de son carnet de terrain.

Quand pourra-t-on découvrir en ligne l’intégralité de ce fond ?

Je ne suis pas en mesure de le dire… il reste encore des photographies à mettre en ligne, et je ne pense pas avoir terminé avant la fin de mon contrat. En tout cas, aujourd’hui, près de 150 photographies sont déjà visibles !

Julien Baudry : Les premières photographies sont déjà en ligne à ce jour, consultables sur MediHAL. Le fonds est assez volumineux et, pour des raisons d’identification des lieux mais aussi de droit à l’image, il n’est pas certain que la totalité du fonds soit diffusé à terme. Le travail de Delphine nous a permis d’identifier les photos les plus pertinentes à mettre en ligne, et nous espérons que ce travail de sélection soit complété par le regard scientifique des géographes de l’université.

Des actions de médiation sont-elles déjà prévues pour le valoriser ?

Je ne sais pas encore.

Julien Baudry : Une collection dédiée va être créée courant janvier sur MédiHAL pour mieux les mettre en valeur, et présenter le fonds en vue d’utilisations, notamment scientifiques. Elles seront aussi interrogeables sur Navigae, comme l’essentiel des fonds numérisés dans le cadre d’ImaGEO. Ce type de photographies est très précieux pour les études diachroniques, où l’on cherche à comparer l’évolution dans le temps d’un paysage ou d’une ville. C’est ce type d’usages que nous allons essayer de promouvoir, en plus de l’intérêt historique pour l’université elle-même.

Avez-vous contacté ces géographes pour avoir plus de précisions sur ces photographies ?

Certains professeurs qui exerçaient à cette époque (dans les années 1960) ont été contactés, il me semble, dans le but de les faire venir, afin que peut-être ils identifient des lieux ou des personnes. Mais vu le contexte actuel, cette étape attendra un peu.

Philippe Laymond : Nous avons commencé à contacter des étudiants présents à cette époque, qui sont par la suite devenus enseignants à l’université, et aujourd’hui à la retraite. Ces personnes nous indiquent d’autres contacts et ainsi une liste se met en place. Il est évident que les témoins des sorties les plus anciennes se font rares. Il est prévu d’organiser des rencontres lorsque la situation sanitaire le permettra, afin d’avoir des précisions sur ces photos, notamment à propos de l’identité des enseignants organisateurs de ces sorties de terrain.

Quels sont les outils que tu as employés pour référencer ou indexer toutes ces photos ?

J’ai réuni toutes les photos du fonds sur un tableur Excel, qui m’a permis de décrire chacune des photos selon certains critères. C’était très pratique pour avoir tout au même endroit et effectuer des tris dans le fonds, pour connaître le nombre de photos qu’on pourrait mettre en ligne par exemple, voire le nombre de photos tout court, sans avoir à tout compter manuellement.

Comment as-tu travaillé pour géolocaliser les photos ?

Toutes les photographies étaient nommées en fonction de la date et du lieu de prise de vue (pays, région ou ville). Lorsque les photographies présentaient des signes particuliers, comme un monument reconnaissable, ou encore des panneaux, je tentais de rechercher le lieu sur internet (sur Google Images), en tapant de façon large « église Espagne » par exemple. Parfois je tombais par hasard sur ce que je cherchais, parfois je devais chercher plus en profondeur. Il m’est aussi arrivé d’avoir des informations par des collègues qui connaissaient le lieu !

Une fois le monument et donc le lieu identifiés, je les confirmais en utilisant l’application Street View de Google Maps, voire parfois Google Earth. Cela m’a également permis quelques fois de retrouver l’endroit exact de la prise de vue, un monument pris depuis telle rue ou telle place, et de déterminer si le lieu avait changé depuis.

C’était un travail assez long par moment, il m’est arrivé de passer entre une heure et une heure et demi sur une photographie, mais c’était passionnant dans le sens où j’ai pu voir et découvrir des endroits, qui peuvent ne plus exister aujourd’hui ou avoir été modifiés. J’ai même ajouté certains lieux à ma liste des endroits où j’aimerais voyager !

Quelques photos extraites de ce fond

Zotero, Babord+ et SUDOC

Billet publié le 4 juin 2019 puis mis à jour en avril 2020.
Dernière mise à jour le 19 août 2020

Zotero, quésaco ?

Il s’agit d’un logiciel de gestion des données bibliographiques auquel peuvent vous former vos bibliothécaires préféré·e·s ! Il permet d’enregistrer les références que vous collectez tout en intégrant les modalités d’accès au contenu intégral, en physique ou en ligne, de la référence enregistrée.

Désormais, vous pouvez ajouter les catalogues Babord+ et SUDOC directement dans votre propre Zotero afin de gagner un temps précieux dans vos recherches documentaires : on vous explique comment faire ci-dessous !

Zotero

Comment ça marche ?

L’idée est de vous permettre, à partir des notices bibliographiques (mais aussi des références d’articles, de films, etc.) déjà collectées, de faire en un clic une recherche correspondante :

  • dans Babord+ afin de vérifier la disponibilité de ce document dans les bibliothèques de l’Université Bordeaux Montaigne, l’Université de Bordeaux, Sciences Po Bordeaux, Bordeaux Sciences Agro et Bordeaux INP ;
  • dans le SUDOC en vue d’une demande de PEB (Prêt entre bibliothèques).

Configurer Zotero (en seulement 5 minutes)

Pour ajouter un nouveau moteur de recherche (ou plusieurs) à votre Zotero, il vous faut intégrer des lignes de code dans un fichier présent au niveau des données personnelles d’installation du logiciel.

Préalablement, il vous faut donc identifier où se trouvent vos données :

Une fois localisé le répertoire de données, recherchez le dossier locate : c’est dans ce dossier que se trouveront le(s) fichier(s) relatif(s) aux moteurs de recherches installés dans Zotero !

Le fichier engines.json contient les codes activant les moteurs de recherche que vous pourrez utiliser dans Zotero. De base sont installés Google Scholar Search et CrossRef Lookup, mais vous pouvez en ajouter de nombreux autres !

[	{	"name": "CrossRef",
		"alias": "CrossRef",
		"icon": "https://www.crossref.org/favicon.ico",
		"_urlTemplate": "http://crossref.org/openurl?{z:openURL}&pid=zter:zter321",
		"description": "CrossRef Search",
		"hidden": false,
		"_urlParams": [],
		"_urlNamespaces": {"z": "http://www.zotero.org/namespaces/openSearch#", "": "http://a9.com/-/spec/opensearch/1.1/"	},
		"_iconSourceURI": "http://crossref.org/favicon.ico"	},

	{	"name": "Google Scholar",
		"alias": "Google Scholar",
		"icon": "http://scholar.google.com/favicon.ico",
		"_urlTemplate": "http://scholar.google.com/scholar?as_q=&as_epq={z:title}&as_occt=title&as_sauthors={rft:aufirst?}+{rft:aulast?}&as_ylo={z:year?}&as_yhi={z:year?}&as_sdt=1.&as_sdtp=on&as_sdtf=&as_sdts=22&",
		"description": "Google Scholar Search",
		"hidden": false,
		"_urlParams": [],
		"_urlNamespaces": {"rft": "info:ofi/fmt:kev:mtx:journal",	"z": "http://www.zotero.org/namespaces/openSearch#", "": "http://a9.com/-/spec/opensearch/1.1/"		},
		"_iconSourceURI": "http://scholar.google.com/favicon.ico"	}	]

N’oubliez pas : les lignes de code ne pardonnent pas les irrégularités, il faut donc bien veiller à respecter la syntaxe demandée ! Pensez donc à conserver une copie du fichier engines.json avant de le modifier.

Pour ouvrir et modifier ce fichier, vous pouvez utiliser différents outils, mais une solution simple consiste à l’ouvrir avec le bloc-notes, Code Writer ou Notepad++.

Babord+

Puisque le fichier engines.json contient les codes des moteurs de recherche utilisables dans Zotero, nous allons en ajouter de nouveaux entre les « [ ] », tout en incorporant une virgule « , » pour séparer les ensembles correspondants aux différents moteurs de recherche. Attention : si vous l’oubliez, aucun moteur de recherche ne sera identifié…

Cela vous semble trop complexe ? Contactez-nous afin que nous convenions d’un bref rendez-vous pour procéder à cette installation.

Pour ajouter « simplement » Babord+, voici le code à intégrer :

{		"name": "Babord+",
		"alias": "B+",
		"icon": "https://babordplus.hosted.exlibrisgroup.com/primo-explore/custom/33PUDB_UBM_VU1/img/favicon.ico",
		"_urlTemplate": "https://babordplus.hosted.exlibrisgroup.com/primo-explore/search?query=any,contains,{z:title}+{rft:aufirst?}+{rft:aulast?}+{z:ISBN?}&tab=default_tab&search_scope=catalog_pci&vid=33PUDB_UBM_VU1&offset=0",
		"description": "Rechercher dans Babord+",
		"hidden": false,
		"_urlParams": [],
		"_urlNamespaces": {"rft": "info:ofi/fmt:kev:mtx:book", "z": "http://www.zotero.org/namespaces/openSearch#", "": "http://a9.com/-/spec/opensearch/1.1/"},
		"_iconSourceURI": "https://babordplus.hosted.exlibrisgroup.com/primo-explore/custom/33PUDB_UBM_VU1/img/favicon.ico"}

Et si vos besoins sont plus spécifiques, en voici d’autres qui vous permettront de spécifier des recherches par ISBN ou de localiser les revues contenant des articles dont vous n’avez que les références :

{		"name": "Babord+ - ISBN",
		"alias": "B+ - ISBN",
		"icon": "https://babordplus.hosted.exlibrisgroup.com/primo-explore/custom/33PUDB_UBM_VU1/img/favicon.ico",
		"_urlTemplate": "https://babordplus.hosted.exlibrisgroup.com/primo-explore/search?query=any,contains,{z:ISBN?}&tab=default_tab&search_scope=catalog_pci&vid=33PUDB_UBM_VU1&offset=0",
		"description": "Rechercher dans Babord+ par ISBN",
		"hidden": false,
		"_urlParams": [],
		"_urlNamespaces": {"rft": "info:ofi/fmt:kev:mtx:book", "z": "http://www.zotero.org/namespaces/openSearch#", "": "http://a9.com/-/spec/opensearch/1.1/"},
		"_iconSourceURI": "https://babordplus.hosted.exlibrisgroup.com/primo-explore/custom/33PUDB_UBM_VU1/img/favicon.ico"},

{		"name": "Babord+ - article",
		"alias": "B+ - article",
		"icon": "https://babordplus.hosted.exlibrisgroup.com/primo-explore/custom/33PUDB_UBM_VU1/img/favicon.ico",
		"_urlTemplate": "https://babordplus.hosted.exlibrisgroup.com/primo-explore/search?query=title,contains,{z:title},AND&query=creator,contains,{rft:aufirst?}+{rft:aulast?},OR&query=any,contains,{z:DOI},AND&tab=default_tab&search_scope=catalog_pci&sortby=rank&vid=33PUDB_UBM_VU1&lang=fr_FR&mode=advanced&offset=0",
		"description": "Rechercher dans Babord+ un article",
		"hidden": false,
		"_urlParams": [],
		"_urlNamespaces": {"rft": "info:ofi/fmt:kev:mtx:journal", "z": "http://www.zotero.org/namespaces/openSearch#", "": "http://a9.com/-/spec/opensearch/1.1/"},
		"_iconSourceURI": "https://babordplus.hosted.exlibrisgroup.com/primo-explore/custom/33PUDB_UBM_VU1/img/favicon.ico"},

{		"name": "Babord+ - DOI",
		"alias": "B+ - DOI",
		"icon": "https://babordplus.hosted.exlibrisgroup.com/primo-explore/custom/33PUDB_UBM_VU1/img/favicon.ico",
		"_urlTemplate": "https://babordplus.hosted.exlibrisgroup.com/primo-explore/search?query=any,contains,{z:DOI},AND&tab=default_tab&search_scope=catalog_pci&sortby=rank&vid=33PUDB_UBM_VU1&lang=fr_FR&mode=advanced&offset=0",
		"description": "Rechercher dans Babord+ par DOI",
		"hidden": false,
		"_urlParams": [],
		"_urlNamespaces": {"z": "http://www.zotero.org/namespaces/openSearch#", "": "http://a9.com/-/spec/opensearch/1.1/"},
		"_iconSourceURI": "https://babordplus.hosted.exlibrisgroup.com/primo-explore/custom/33PUDB_UBM_VU1/img/favicon.ico"}

Fermez Zotero puis rouvrez-le : sélectionnez la référence d’un ouvrage, et Babord+ aura fait son apparition comme moteur de recherche !

SUDOC

[Mise à jour : 19 août 2020] Retrouvez désormais une version finalisée (par Erik Hetzner) du moteur de recherche SUDOC ici :

Pour ajouter le catalogue du SUDOC – catalogue collectif français des bibliothèques et centres de documentation de l’enseignement supérieur et de la recherche, il vous suffit d’ajouter après une nouvelle virgule « , » les lignes de codes suivantes dans le fichier engines.json :

{		"_name": "SUDOC",
		"_alias": "SUDOC",
		"_description": "Rechercher dans le SUDOC",
		"_icon": "http://www.sudoc.abes.fr/~c_psi/psi_images/img_psi/3.0/favicons/default.ico",
		"_hidden": false,
		"_urlTemplate": "http://www.sudoc.abes.fr/cbs//DB=2.1/SET=2/TTL=1/CMD?ACT=SRCHA&IKT=1016&SRT=RLV&TRM={z:title}+{rft:aufirst?}+{rft:aulast?}",
		"_urlParams": [],
		"_urlNamespaces": {"rft": "info:ofi/fmt:kev:mtx:book", "z": "http://www.zotero.org/namespaces/openSearch#",	"": "http://a9.com/-/spec/opensearch/1.1/"},
		"_iconSourceURI": "http://www.sudoc.abes.fr/~c_psi/psi_images/img_psi/3.0/favicons/default.ico"}

Pour diminuer le bruit, vous pouvez également ajouter dans le fichier engines.json ces versions (toujours en veillant à intercaler une virgule « , » entre les moteurs de recherche) qui font appel au module de recherche avancée du SUDOC :

{		"_name": "SUDOC - auteur(s)/titre",
		"_alias": "SUDOC - auteur(s)/titre",
		"_description": "Rechercher dans le SUDOC",
		"_icon": "http://www.sudoc.abes.fr/~c_psi/psi_images/img_psi/3.0/favicons/default.ico",
		"_hidden": false,
		"_urlTemplate": "http://www.sudoc.abes.fr/cbs//DB=2.1/SET=21/TTL=1/CMD?ACT=SRCHM&MATCFILTER=Y&MATCSET=Y&NOSCAN=Y&PARSE_MNEMONICS=N&PARSE_OPWORDS=N&PARSE_OLDSETS=N&IMPLAND=Y&ACT0=SRCHA&IKT0=1004&TRM0={rft:aufirst?}+{rft:aulast?}&ACT1=*&IKT1=4&TRM1={z:title}",
		"_urlParams": [],
		"_urlNamespaces": {"rft": "info:ofi/fmt:kev:mtx:book", "z": "http://www.zotero.org/namespaces/openSearch#",	"": "http://a9.com/-/spec/opensearch/1.1/"},
		"_iconSourceURI": "http://www.sudoc.abes.fr/~c_psi/psi_images/img_psi/3.0/favicons/default.ico"},

{		"_name": "SUDOC - auteur(s)/titre/ISBN",
		"_alias": "SUDOC - auteur(s)/titre/ISBN",
		"_description": "Rechercher dans le SUDOC",
		"_icon": "http://www.sudoc.abes.fr/~c_psi/psi_images/img_psi/3.0/favicons/default.ico",
		"_hidden": false,
		"_urlTemplate": "http://www.sudoc.abes.fr/cbs//DB=2.1/SET=16/TTL=1/CMD?ACT=SRCHM&MATCFILTER=Y&MATCSET=Y&NOSCAN=Y&PARSE_MNEMONICS=N&PARSE_OPWORDS=N&PARSE_OLDSETS=N&IMPLAND=Y&ACT0=SRCHA&IKT0=1004&TRM0={rft:aufirst?}+{rft:aulast?}&ACT1=*&IKT1=4&TRM1={z:title}&ACT2=*&IKT2=7&TRM2={z:ISBN?}",
		"_urlParams": [],
		"_urlNamespaces": {"rft": "info:ofi/fmt:kev:mtx:book", "z": "http://www.zotero.org/namespaces/openSearch#",	"": "http://a9.com/-/spec/opensearch/1.1/"},
		"_iconSourceURI": "http://www.sudoc.abes.fr/~c_psi/psi_images/img_psi/3.0/favicons/default.ico"},

{		"_name": "SUDOC - ISBN",
		"_alias": "SUDOC - ISBN",
		"_description": "Rechercher dans le SUDOC",
		"_icon": "http://www.sudoc.abes.fr/~c_psi/psi_images/img_psi/3.0/favicons/default.ico",
		"_hidden": false,
		"_urlTemplate": "http://www.sudoc.abes.fr/cbs//DB=2.1/SET=4/TTL=1/CMD?ACT=SRCHM&MATCFILTER=Y&MATCSET=Y&NOSCAN=Y&PARSE_MNEMONICS=N&PARSE_OPWORDS=N&PARSE_OLDSETS=N&IMPLAND=Y&ACT0=SRCHA&IKT0=7&TRM0={z:ISBN?}",
		"_urlParams": [],
		"_urlNamespaces": {"rft": "info:ofi/fmt:kev:mtx:book", "z": "http://www.zotero.org/namespaces/openSearch#",	"": "http://a9.com/-/spec/opensearch/1.1/"},
		"_iconSourceURI": "http://www.sudoc.abes.fr/~c_psi/psi_images/img_psi/3.0/favicons/default.ico"}

BnF – Bibliothèque nationale de France

[Mise à jour : 19 août 2020] Retrouvez désormais une version finalisée (par Erik Hetzner) du moteur de recherche du catalogue de la BnF ici :

On termine (pour l’instant) avec l’ajout du catalogue de la BnF, à intégrer toujours après une « , » dans le fichier engines.json :

{		"_name": "BnF - Bibliothèque nationale de France",
		"_alias": "BnF",
		"_country": "FR",
		"_urlTemplate": "https://catalogue.bnf.fr/search.do?mots0=NRI;-1;0;{rft:aufirst?}+{rft:aulast?}&mots1=TIT;0;0;{z:title}&mots2=NRC;1;0;{z:ISBN?}&&pageRech=rav",
		"_description": "Recherche dans le catalogue de la BnF",
		"_urlParams": [],
		"_hidden": false,
		"_icon": "https://catalogue.bnf.fr/images/icones/icone_CG.png",
		"_urlNamespaces": {
		"rft": "info:ofi/fmt:kev:mtx:journal",
		"z": "http://www.zotero.org/namespaces/openSearch#",
		"": "http://a9.com/-/spec/opensearch/1.1/"}    }

Plus aucun moteur de recherche n’apparaît ?

Si les précédents moteurs de recherche ont disparu de la liste (et que les nouveaux ne sont toujours pas utilisables), il s’agit très probablement d’une erreur de syntaxe dans le code du fichier engines.json : c’est pourquoi nous vous conseillons d’ajouter les moteurs de recherche l’un après l’autre, en vérifiant le fonctionnement à chaque ajout.

Si plus aucun moteur de recherche n’apparaît, vous pouvez :

  • traquer l’erreur en question (une virgule absente, un crochet effacé, etc.)
  • récupérer le fichier original sauvegardé
  • copier le code présenté au début (pour Google Scholar et CrossRef Lookup)

Le cas échéant, n’hésitez pas à nous contacter afin que nous puissions procéder ensemble à l’installation.†

Quels usages ?

Désormais, vous pouvez facilement savoir si les documents que vous avez référencés dans Zotero sont également disponibles dans les bibliothèques universitaires de Bordeaux (via Babord+) ou si ils le sont dans le SUDOC ou à la BnF.

Cela devrait pouvoir vous économiser quelques copiés-collés fastidieux et vous faire gagner du temps dans vos recherches à proprement parler !

À retenir

  • Certains caractères spéciaux bloquent les recherches dans Babord+ (« ? » notamment) : pensez à les supprimer dans la recherche si besoin
  • Les bibliothécaires sont à votre disposition pour toute information supplémentaire sur ce service

Pour aller plus loin

Le cavalier mongol

Pièce de cavalier mongol dans un jeu d’échecs mongols au Nationalmuseet, à Copenhague, Danemark – Popolon / CC BY-SA

Il y a quelques semaine était diffusé sur Arte Le cavalier mongol, un documentaire qui a particulièrement plu à une de nos bibliothécaires.

Réalisé par Hamid Sardar, ce film emporte son public dans une véritable aventure, nous invitant à suivre un cavalier prêt à tout pour défendre les chevaux au milieu d’un région complexe et méconnue du grand public.

En Mongolie, dans les steppes du Darhat, un cavalier héroïque se lance à la poursuite de voleurs de chevaux. Dans des décors naturels époustouflants, un documentaire épique aux allures de western oriental.

Une heure et demi de liberté à galoper dans les steppes balayées par les vents, évasion bienvenue (et instructive) en période de confinement !

Le cavalier mongol (image extraite du film)

Ce film est disponible en vidéo à la demande (VoD) sur la Médiathèque numérique (après identification via le portail de l’université : ubxm.fr/vod).

Entretien avec Hamid Sardar

J’ai voulu mettre en scène une épopée humaine afin de nous permettre de rêver, de nous identifier à ces bergers, chamans et chasseurs, et de nous donner envie de protéger cette culture et cette nature.

Retrouvez un entretien avec le réalisateur sur le site de la Médiathèque numérique (propos recueilli par Laure Naimski) : https://vod.mediatheque-numerique.com/article/epopee-dans-la-taiga

Un documentaire primé

Le cavalier mongol a été récompensé à l’automne 2019 par le Grand Prix du Festival lors de la 16e édition du Festival International du Film & Livre d’Aventure de La Rochelle.

Merci à Cécile K. pour sa contribution ! 🙂

Jean Delumeau (1923-2020) : hommage

Jean Delumeau, éminent historien des religions, spécialiste du christianisme, ancien professeur au Collège de France et membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, est décédé lundi 13 janvier, à l’âge de 96 ans.

Ancien élève de l’École normale supérieure et agrégé d’histoire, il avait consacré ses recherches de doctorat à l’histoire économique et sociale (Vie économique et sociale de Rome dans la seconde moitié du XVe siècle (1957-1959), puis L’Alun de Rome XVe-XIXe siècle (1962)), avant d’orienter son travail vers le champ religieux, dès les années 1960. Son œuvre fut dès lors dominée par deux sujets : le sentiment de peur et la quête d’espérance en Occident.

Ainsi, à partir de 1975 et pendant près de vingt ans passés à la chaire d’Histoire des mentalités religieuses dans l’Occident moderne du Collège de France, il consacra ses recherches à l’analyse de la « pastorale de la peur », mécanismes qui ont dominé dans l’Église catholique du Moyen Âge jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, pour diriger les âmes en insistant sur les aspects inquiétants du christianisme (enfer, jugement, sacrilèges) à des fins de conversion.

Parmi ses travaux majeurs, on compte notamment Naissance et affirmation de la Réforme (1965), Le Catholicisme entre Luther et Voltaire (1971), La Peur en Occident XIVe-XVIIIe siècle (1978), Une histoire du paradis (1992-2000).

Les entretiens « A voix nue » que Jean Delumeau avait donnés en 2008 sont disponibles à la réécoute sur le site de France Culture.

Jean Delumeau
Photographie issue de l’article de La Croix du 6 septembre 2011 consacré à Jean Delumeau

Rencontre avec le patrimoine documentaire à la bibliothèque Lettres et Sciences humaines (Journées européennes du patrimoine)

À l’occasion des Journées européennes du patrimoine 2019 (21 et 22 septembre), la bibliothèque Lettres et Sciences humaines de l’Université Bordeaux Montaigne a tenu à vous faire découvrir quelques uns de ses trésors documentaires !

Ce sont ainsi 4 documents qui ont été exposés et présentés par Alice Mauvillain, notre collègue en charge des fonds patrimoniaux de la bibliothèque. Retour sur l’histoire de ces documents qui n’en manque pas.

Une des premières cartes sur laquelle figure le nom « Amérique »

Cette édition d’un commentaire de Solin par Camers est un prétexte pour parler du « gymnase vosgien », collectif d’érudits humanistes établit à Saint-Dié dans les Vosges à qui l’on doit le baptême de l’Amérique.

En possession, grâce à leur protecteur René II duc de Lorraine, d’une copie du texte d’Amerigo Vespucci, Mondus Novus, et de cartes marines manuscrites, leur ambition est de donner une nouvelle édition de la Géographie de Ptolémée en l’actualisant de ces récentes découvertes.

Ils vont à cette occasion produire dans leur atelier d’imprimerie en 1507, un document cartographique majeur : le planisphère de Martin Waldseemüller. Première carte murale du monde xylographiée, première à calligraphier le mot Amérique et à entourer le nouveau monde d’eau en faisant ainsi un véritable continent. Elle va connaitre un destin hors du commun, relaté en détail dans un livre de Toby Lester.

En effet, de grand format (1 290 x 2 320 mm) imprimée sur douze planches distinctes, publiée séparément du traité de géographie qui l’accompagne, elle devait être assemblée et encollée sur de la toile, elle était donc fragile…

Oubliée, dépassée et remplacée, elle disparut totalement alors que le nom d’Amérique s’est rapidement imposé en Europe. Elle est considérée comme perdue jusqu’à sa redécouverte en Allemagne en 1901. A ce jour, seuls 3 exemplaires supplémentaires sont recensés, tous retrouvés au cours de ces huit dernières années !

Jusqu’alors, l’existence du planisphère de Waldseemüller n’était connue qu’à travers les dédicaces de l’Introduction à la cosmographie et sa représentation que par l’intermédiaire des copies de cartographes qui devinrent célèbres comme Sebastian Münster, Heinrich Glaréan, Petrus Apianus puis Mercator.

C’est ainsi que la carte d’Apian, seule illustration de notre ouvrage, fut considérée pendant environ 400 ans comme la plus ancienne version imprimée qui contribua à faire accepter le toponyme : America.

Document exposé

Solin (02..-02..) ; Johannes Camers (1447-1546)

Joannis Camertis minoritani arteum et sacrae theologiae doctoris in C. Julii Solini πολυίστωρa Enarrationes. Additus eiusdem Camertis index, tum literarum ordine, tum rerum notabilium copia / per commodus studiosis. Cum gratia & privilegio imperiali. Ou Polyhistor

Édition : Vienne (Autriche) : Lukas Alantsee et Johann Singriener, 1520

Note générale : La carte géographique gravée sur bois d’Apian porte le titre : « Tipus orbis universalis iuxta Ptolomei cosmographi traditionem et Americi Vespucii aliorumque lustrationes a Petro Apiano Leysnico elucubrata An. Do. M.DXX« . Elle fut considérée pendant environ 400 ans comme la première carte sur laquelle le nom « Amérique » était mentionné.
Note sur l’exemplaire : Reliure basane, tranches rouges, 16e siècle, restaurations anciennes.
Note sur la provenance : Ex-libris manuscrit d’un couvent bordelais cancellé au titre

Cote : Res 5156

Pour aller plus loin

Un dictionnaire hors du commun

Robert Estienne fut un célèbre imprimeur parisien. Humaniste érudit comme en témoignent sa vie, son activité éditoriale et ses amitiés avec Guillaume Budé, Jean du Bellay et surtout Jacques Lefèvre d’Etaples. Il publiera belles lettres, auteurs classiques, antiques et textes sacrés, maîtrisant les langues grecque, latine et hébraïque. Imprimeur du roi François Ier, il s’illustra aussi sur un plan typographique en collaborant avec Joffroy Tory ou Claude Garamont.

Par ailleurs, véritable lexicographe, il montra un intérêt constant pour les ouvrages consacrés à la langue : alphabet, grammaire, rhétorique et dictionnaire… Celui exposé en fait partie.

Il s’agit du premier grand dictionnaire français dont la nomenclature part des mots français et non pas latins. Il parait sous les presses de son auteur en 1539, l’année de l’ordonnance de Villers-Cotterêts, acte fondateur de la primauté et de l’exclusivité du français dans les documents et actes relatifs à la vie publique du royaume de France. C’est aussi la première fois qu’un ouvrage porte le nom français de « dictionaire » (avec un seul « n ») du latin médiéval dictionarium, collection de mots (dictiones).

C’est la réversion de son Dictionarium latino-gallicum, paru un an plus tôt, destiné à l’usage des latinistes, et en quelque sorte l’ancêtre du Gaffiot. Cependant, concernant notre ouvrage, si la langue française est bien celle des entrées du dictionnaire, ce n’est pas elle qui est mise en valeur. Le français permet plutôt de découvrir les tournures latines. Les lettres fleuries de l’alphabet majuscule sont gravées par Joffroy Tory. Revues et augmentées, les éditions des dictionnaires d’Estienne seront encore nombreuses chez plusieurs imprimeurs au XVIIe siècle.

L’exemplaire dont dispose la bibliothèque est d’autant plus précieux qu’il a appartenu à Henri II Estienne son fils, lui aussi imprimeur.

Il a également appartenu à Charles Beaulieux, bibliothécaire qui dirigea la Sorbonne entre les deux guerres. Éminent spécialiste des livres du XVIe siècle, il est également lexicographe et auteur entre autres d’une réforme de l’orthographe du français. Il a réuni une remarquable collection de grammaires et de dictionnaires dont la bibliothèque universitaire fit l’acquisition en 1954. Ses ouvrages sont souvent annotés, toujours au crayon d’une écriture fine et bien serrée. On le constate particulièrement sur son exemplaire interfolié de sa Liste des dictionnaires lexiques et vocabulaires français antérieurs au « Thrésor » de Nicot entièrement retravaillé.

Document exposé

Robert Estienne (1503 ?-1559)

Dictionaire francoislatin, contenant les motz & manieres de parler francois, tournez en latin.

Édition : Paris : Robert Estienne, 1532

Illustration : Lettres ornées à fond criblé gravées sur bois par Geoffroy Tory
Note sur l’exemplaire : Reliure velin, décors à double encadrement de filets dorés avec fleurons, aux armes des Fugger, surmontées des initiales accolées HE d’Henri Estienne, tranches mouchetées, 16e siècle.
Note sur la provenance : Fonds Beaulieux 1954 (Inv. n° 593)

Cote : Res 593

Pour aller plus loin

Voir aussi

Entre photographie et architecture, le travail d’Alphonse Terpereau

Alphonse Terpereau est un photographe nantais né en 1839. Il s’installe à Arcachon où ses photos des villas de la ville d’hiver le font connaître. Après le transfert de son atelier à Bordeaux, il se spécialise dans des photographies d’architecture, lors de la construction d’ouvrages d’art dans le Midi de la France et des transformations urbaines de Bordeaux au XIXe siècle.

Ainsi missionné par les Service des travaux publics de la ville de Bordeaux, la Compagnie des chemins de fer du Midi ou le Ministère des Travaux public, Alphonse Terpereau devient alors le premier photographe professionnel établi à Bordeaux au service de l’aménagement du territoire girondin, et donc un témoin privilégié de l’activité des ingénieurs et des architectes entre 1860 et 1890.

La majorité des photographies de cet album provient d’une commande de l’architecte municipal bordelais Pierre-Charles Durand. Ce sont des vues de l’ancienne faculté des Lettres et des Sciences qu’il a construit entre 1880 et 1886 à l’emplacement du couvent des Feuillants où Michel de Montaigne fut enterré en 1592. Il s’agit de l’actuel musée d’Aquitaine. Six photographies cependant concernent la faculté de Droit. Font également partie de l’œuvre de Pierre-Charles Durand à Bordeaux : la synagogue, le marché des Douves, le portail du Parc Bordelais, l’hôtel du Paty et l’ancienne bibliothèque municipale.

Document exposé

Alphonse Terpereau (1839-1897)

Université de Bordeaux : [album de photographies]

Date : [vers 1886] | Lieu : [Bordeaux]

Description : 31 épreuves sur papier albuminé collées sur carton (environ 19×25 cm ou 31×44 cm) montées sur onglet, reliées dans un album au format oblong.

6 vues de la faculté de Droit de Bordeaux et 25 vues de la faculté des Sciences et des Lettres de Bordeaux

Pour aller plus loin

Alphonse-Terpereau
Alphonse Terpereau : Autoportrait, sans date.

L’ambitieuse enquête d’Édouard Bourciez

Édouard Bourciez, linguiste et romaniste, est un spécialiste de l’occitan et plus particulièrement de la langue gasconne. Il débute sa carrière universitaire à la Faculté des Lettres de Bordeaux en 1883. Il y occupe à partir de 1895 la première chaire de « Langues et littératures du Sud-Ouest de la France ». A la même période, il entreprend une vaste enquête sur les parlers gascons de la région dont il présentera les résultats au public lors de l’Exposition universelle de Bordeaux de mai 1895. Il va, avec le concours des inspecteurs d’académie et les services de l’éducation nationale, récolter la transcription en idiomes gascons d’une version française de la Parabole de l’enfant prodigue auprès de tous les instituteurs en poste dans les communes de la région.

Sa préface est on ne peut plus claire : « le titre de ce recueil indique le but que nous nous sommes proposé ».

Fait étonnant : toutes les communes sans exception ont retourné leurs copies !

Le résultat est compilé en 17 volumes de 4444 pièces manuscrites qui ont depuis été confiés à notre bibliothèque et dont voici quelques exemplaires.

Également exposés et disponibles à la bibliothèque :

Documents exposés

Édouard Bourciez (1854-1946)

Recueil des idiomes de la région gasconne. Premier volume : Gironde, 1 (Bordeaux, Lesparre, Blaye)

Date : 1895 | Lieu de production : Aquitaine, Gironde (Bordeaux, Lesparre, Blaye)

Description : Premier des 17 volumes du recueil des communes des dix départements de langue gasconne. 248 pièces Papier. 285 × 218 mm. Demi-reliure chagrin.

Cote : Ms 29

Le mot de la fin

À bientôt !

Juillet-Août 2019 : ouvrir les données de la recherche

Tous les mois, les BU de l’Université Bordeaux Montaigne envoient à ses abonnés la « newsletter Open Access » qui revient sur les actualités du libre accès du mois écoulé à travers une courte sélection thématisée avec soin par vos bibliothécaires. Pour être certain de la recevoir directement dans votre boîte mail, abonnez-vous ! : http://eepurl.com/bR0O3H

Quand on parle de « libre accès », on pense plus généralement aux publications scientifiques, c’est-à-dire aux produits « finis » de la recherche. Mais la notion de « Science Ouverte », plus générale, comprend aussi un enjeu important, celui de l’ouverture des données de la recherche, conçues comme l’ensemble des informations collectées ou produites par le chercheur. Là, la Science Ouverte rejoint un autre enjeu du débat contemporain : l’Open Data, et l’ouverture des données produites par des institutions publiques. Alors : pourquoi et comment ouvrir les données de la recherche ?

Qu’entend-on par « ouvrir » les données de la recherche ? Diffuser les matériaux de travail du chercheur en libre accès sur le Web pour permettre à d’autres chercheurs, ou même au monde non-académique, de les réutiliser. Oui, mais pas seulement. Le mot clé fondateur de l’ouverture des données de la recherche est le principe « FAIR », un concept pour exprimer l’objectif attendu par un projet de recherche quant aux données sur lesquelles il s’appuie : elles doivent être Faciles à trouver (indexation sur le Web), Accessibles (pas de barrière d’accès), Interopérables (ouverture au moissonnage dans des formats non propriétaires) et Réutilisables (juridiquement et techniquement). Ces quatre adjectifs constituent le fondement du Guide pratique pour une harmonisation internationale de la gestion des données de recherche, dont l’objectif est de s’assurer d’un socle minimal d’exigences auquel tout chercheur, quel que soit son pays et la politique nationale en la matière, peut se référer quand il souhaite « libérer » ses données. Ce guide peut donc être vu comme un point de départ lors de la rédaction de Plan de Gestion de Données, ou du choix d’entrepôts de données, pour éviter une trop grande dispersion des pratiques et des efforts alors même que l’enjeu des données de la recherche est encore récent.

https://www.ouvrirlascience.fr/science-europe-guide-pratique-pour-une-harmonisation-internationale-de-la-gestion-des-donnees-de-recherche/

La démarche de libération des données n’est pas anodine, et demande souvent un travail supplémentaire, et donc des moyens. C’est donc avant tout des financeurs de la recherche publique que l’incitation à l’ouverture des données émane. En France, l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) ne s’était pas encore complètement alignée sur les recommandations européennes allant dans le sens de l’application de l’Open Data à la donnée de recherche. Maintenant qu’elle a signé le Plan S, elle semble faire évoluer plus nettement sa politique en la matière. Ainsi, un second de l’ANR, complémentaire du plan d’action ANR 2020, vient fournir les recommandations en matière de rédaction de Plan de Gestion de Données, ces derniers étant désormais obligatoires dans les projets. Il invite les chercheurs à « Encourager et suivre l’ouverture des données », et on y retrouve l’adage des défenseurs de la donnée ouverte : « aussi ouvert que possible, aussi fermé que nécessaire » ; en d’autres termes : tant que d’autres obligations légales (confidentialité, secret professionnel, secret défense, respect de la vie privée et du droit d’auteur…) n’en limite pas la diffusion, ces données doivent être accessibles à tous sur le Web, sans restriction.

https://www.ouvrirlascience.fr/plan-de-gestion-de-donnees-recommandations-a-lanr

Point d’orgue de cet engagement de l’ANR en faveur de la science ouverte, l’appel flash science ouverte, lancé en mai 2019 pour financer des projets de recherche spécifiquement tournés vers l’ouverture de données scientifiques, a rendu son verdict. On trouve ainsi 25 projets retenus, dans des domaines aussi variés que l’emblématique médiévale, les neurosciences ou l’anthropologie.

https://anr.fr/fileadmin/aap/2019/aap-data-2019-selection.pdf

Plusieurs de ces projets se concentrent spécifiquement sur les façons de mettre en œuvre pour faciliter l’ouverture des données : quelle interopérabilité ? quelles méthodes ? quelle certification ?

Les Plan de Gestion de Données sont nécessaires car on ne peut mettre en libre accès l’ensemble des données de recherche : une connaissance du contexte juridique est nécessaire, notamment en ce qui concerne les données personnelles. En lançant une consultation publique spécifique sur la recherche scientifique, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), vient précisément rappeler que l’Open Data de la donnée de recherche doit s’aligner sur d’autres droits fondamentaux. Dans de nombreuses disciplines (médecine, sociologie, histoire…) le matériau traité par le chercheur peut aussi constituer une donnée personnelle, et il importe de faire le point sur ces usages pour adapter les pratiques et ne pas diffuser n’importe quelle donnée. L’enquête permettra d’évaluer la réceptivité et la connaissance du monde académique à la législation sur les données personnelles.

https://www.cnil.fr/fr/webform/consultation-publique-recherche-scientifique

#TrésorDeBU n°4 – Relation d’un voyage en Sibérie en 1760

Pour ce 4e #TrésorDeBU et alors que l’été pointe (péniblement) ses rayons de soleil, direction Vénus et la Sibérie !

Jean Chappe d’Auteroche, Vénus et la Sibérie

Portrait de l’Abbé Jean Chappe d’Auteroche (1722-1769) / dessiné par Jean-Martial Frédou et gravé par Jean-Baptiste Tilliard (estampe ; en ligne sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55001540k/f1.item)

Jean Chappe d’Auteroche, abbé cantalien, brillant étudiant en mathématiques et en astronomie, est nommé adjoint astronome à l’Académie des Sciences de Paris en 1759. L’année suivante, missionné par le roi pour observer le phénomène astronomique du transit de Vénus, il prend part à une expédition qui le mène aux confins de la Sibérie, dans la ville de Tobolsk.

Le Voyage en Sibérie, publié en 1768 à Paris, rapporte cette aventure. Il est le premier récit français traitant de la Russie à mêler considérations scientifiques, données géographiques ou climatiques et réflexions ethnologiques. L’abbé Chappe y relate toutes sortes d’observations qu’il a pu noter lors de son périple : de ses découvertes au détail de son parcours semé d’embûches…

Plus qu’un voyage, un véritable périple !

En effet, dès le début de son voyage, il casse ses instruments, puis rate son embarquement en Hollande et se fait voler son « porte-manteau »…

Par la suite, il se retrouve souvent bloqué ou ralenti par la neige, la glace ou la débâcle. Cela lui permet néanmoins de découvrir « pour la première fois la facilité de voyager avec des traîneaux : nous allions avec la plus grande vitesse, sans éprouver aucun accident », admet-il.

En parallèle, il nous livre des descriptions de tout ce qui le marque lors de son voyage sans cacher son hostilité pour de nombreuses mœurs du monde russe. Cela provoque, après la publication du livre, la colère de l’impératrice Catherine II. Elle lui répond en 1770 dans son Antidote, livre de plus de 500 pages dans lequel elle réfute toutes les affirmations de l’Abbé.

Chappe réussit à observer ce fameux phénomène astronomique. Il s’agit du passage de Vénus exactement entre la Terre et le Soleil. Se produisant seulement deux fois par siècle à huit ans d’intervalle, visible à l’œil nu à condition d’être équipé de matériel à filtre solaire, à l’époque de notre ouvrage, il a lieu en 1761 et 1769. Pour notre siècle, c’était en 2004 et 2012.

Mappemonde sur laquelle on a marqué les heures et les minutes du temps vrai de l’entrée et de la sortie du centre de Vénus sur le disque du soleil […] le 6 juin 1761 […] par M. De L’Isle (en ligne sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8491384k/f1.item)
Code couleurs utilisées pour cette carte :
– Vert : où l’on ne voit que l’entrée et une partie du transit ;
– Jaune : où l’on ne voit qu’une partie ou que la sortie du transit ;
– Rouge : où l’on voit tout
– Rien : où l’on ne voit rien

De retour à Paris, il écrit son livre et prépare son prochain voyage en Californie mexicaine pour observer à nouveau le transit de 1769. Il y parvient sans difficultés, devenant le seul astronome à avoir étudié le double phénomène au XVIIIe siècle. Cependant, trois jours après, il contracte une « maladie épidémique dangereuse » qui sévit en Californie et lorsque son état s’arrange, il insiste pour observer une éclipse de Lune. La fatigue provoque une rechute de la maladie dont il meurt finalement le 1er août 1769, tout de même satisfait d’avoir accompli sa mission.


Une autre histoire d’observateur de transit malchanceux

Autre français à avoir été missionné pour observer le transit de Vénus en 1761, Guillaume-Hyacinthe-Joseph-Jean-Baptiste Le Gentil de La Galaisière s’est rendu à Pondichéry et en a fait un récit. Ce livre, Voyage dans les mers de l’Inde […] publié à Paris en 1779, fait également partie du fonds ancien de la bibliothèque Lettres et Sciences humaines (Res 520).

Il part en 1760, mais le conflit colonial de la guerre des Sept Ans l’empêche de débarquer et donc d’observer le phénomène. Une fois la ville restituée à la France en 1763, il décide de rester sur place, de construire un observatoire et de réunir le matériel nécessaire pour observer le passage de Vénus prévu pour 1769. Arrivent le jour du transit, et de mauvaises conditions météorologiques qui empêchent l’observation ! Suite à ce second échec, il décide de rentrer en France, mais une tempête déroute et oblige son bateau à faire escale à La Réunion.

Lorsqu’en 1771, il réussit enfin à rentrer chez lui, tous le croit mort : son siège à l’Académie des sciences a été réattribué, sa femme s’est remariée, ses héritiers se sont partagés ses biens… Il faudra deux procès et l’intervention du roi pour qu’il récupère ses droits.


Le premier volume du tome 1 du Voyage en Sibérie de Jean Chappe d’Auteroche est actuellement exposé au 2e étage de la bibliothèque Lettres et Sciences humaines. L’intégralité du texte (2 tomes en 3 volumes) est, quant à elle, disponible en ligne sur Gallica.

M. l’Abbé Chappe étoit de taille médiocre, assez replet, d’une tempérament robuste & très-vif ; il avoit une ame simple, libre & franche & un cœur noble, droit & plein de candeur ; il étoit naturellement gai, social & porté à l’amitié ; il étoit lié avec ce qu’il y avoit de plus grand, le Roi même daignoit souvent s’entretenir avec lui & a honoré sa mort de ses regrets ; jamais personne n’a été plus désintéressé que lui, il aimoit la gloire, mais il ne voulait l’obtenir qu’à bon titre ; il vouloit mériter ses faveurs & non pas les dérober ; son courage & sa fermeté étoient sans bornes, ce que nous avons dit de lui en fournit plus d’une preuve ; il eût été seulement bien à désirer que la dernière qu’il en a donnée & qui mérite tant d’éloges, lui eût été moins funeste.

Histoire de l’Académie royale des sciences

Pour en savoir plus

Vous pouvez également voir une vidéo du transit de 2012 :

Et si vous souhaitez connaître les dates des prochains transits de Vénus : http://astro.ukho.gov.uk/nao/transit/V_1761/index.html !

Merci à Delphine Bramaz, stagiaire, et à Alice Mauvillain pour ce riche article et leur travail sur les fonds patrimoniaux de la bibliothèque Lettres et Sciences humaines – SCD Bordeaux Montaigne.

Le Nouveau Monde à l’époque de Montaigne : autour de l’Histoire générale des Indes de Francisco López de Gómara

C’est dans ce refuge [sa bibliothèque], qui était en même temps un observatoire, que [Montaigne] lut les relations des voyageurs français au Brésil […] mais aussi les chroniqueurs espagnols […].

Frank Lestringant, Le Brésil de Montaigne, p. 11-12

L’Histoire générale des Indes de Francisco López de Gómara parait en 1552 à Saragosse dans l’atelier d’Agustín Millán. La première partie est une chronique de la découverte et de la conquête de l’Amérique de Christophe Colomb à Francisco Pizarro, et la seconde concerne la conquête du Mexique mais elle est surtout conçue comme une biographie du conquistador Herman Cortés.

C’est un succès et l’ouvrage est à nouveau édité l’année suivante à deux reprises en Espagne. Malgré une ordonnance royale d’interdiction, suivront très rapidement en 1554 une autre édition saragossane et trois anversoises.

Il s’agit des dernières versions espagnoles avant le XVIIIe siècle, car la censure est virulente : pour accéder au texte, il faudra désormais le lire en italien, en français ou en anglais (sur ce point, voir aussi : Christian Duverger, Cortés et son double, p. 63-64) !

Cet ouvrage du XVIe siècle est actuellement exposé à la bibliothèque Lettres et Sciences humaines (3e étage) à l’occasion du Moi(s) Montaigne.

Mars 2019 : miscellanées de la science ouverte

Tous les mois, les BU de l’Université Bordeaux Montaigne envoient à ses abonnés la « newsletter Open Access » qui revient sur les actualités du libre accès du mois écoulé à travers une courte sélection thématisée avec soin par vos bibliothécaires. Pour être certain de la recevoir directement dans votre boîte mail, abonnez-vous ! : http://eepurl.com/bR0O3H

Du côté de l’édition scientifique, l’évènement le plus important est la parution du rapport de mi-parcours du comité de suivi de l’édition scientifique. Mis en place en 2016 autour de Daniel Renoult, ce comité a pour but d’accompagner les éditeurs scientifiques français dans la transition vers le libre accès, comme contrepartie des évolutions juridiques de la loi sur une République Numérique qui retirait à l’éditeur l’exclusivité de la diffusion des articles scientifiques. Si on attend avec impatience le rapport final, ce rapport de mi-parcours permet déjà de faire le point sur les activités du comité de suivi et donne quelques chiffres sur l’évolution, actuelle ou à venir, du libre accès dans l’édition française.

http://corist-shs.cnrs.fr/node/873

Si le rapport du comité de suivi se concentre d’abord sur l’édition de revues scientifiques, le libre accès et l’édition numérique progresse aussi du côté des éditeurs de livres. Le blog d’Open Edition a annoncé l’arrivée des Presses du Septentrion, grand éditeur universitaire du nord de la France, qui a mis en ligne par moins de 300 titres. Un tiers est en accès dit « Freemium » : la lecture intégrale en ligne est gratuite, tandis que le téléchargement en PDF reste payant. Plus proche du rédacteur de ces lignes, Ausonius Editions et les Presses Universitaires de Bordeaux sont elles aussi présentes depuis peu sur Open Edition Books (avec, dans le premier cas, un accès ouvert total au 59 titres mis en ligne) !

https://leo.hypotheses.org/15454
https://books.openedition.org/ausonius/
https://books.openedition.org/pub/
 
Pendant que certains éditeurs se tournent vers un libre accès légal, d’autres luttent contre un libre accès illégal. Après une plainte d’Elsevier et de Springer, une décision de justice prise par le tribunal de Paris début mars oblige les fournisseurs d’accès internet à bloquer les sites SciHub et LibGen, deux principales plateformes de partage d’articles et de livres numériques. Plusieurs chercheurs ont critiqué une décision qui entérine la marchandisation du savoir par des éditeurs oligopolistiques, et donnent des solutions pour contourner l’interdiction.

https://www.soundofscience.fr/1723
 
Terminons cette revue de presse du mois de mars avec légèreté : le libre accès inspire aussi des jeux de sociétés, généralement créées par les universités, souvent en partenariat avec des designers de jeux. Un article du blog Assessment Librarian signale plusieurs de ces créations originales, par ailleurs libres de droit et réutilisables à des fins de formation : on connaissait les jeux de cartes sur l’Open Access du SCD de l’Université Guyane, voilà maintenant un jeu de plateau. On lira aussi (en anglais) le témoignage de l’Université d’Essex autour d’un escape game autour de l’Open Access.
 
http://assessmentlibrarian.fr/?p=2149
https://insights.uksg.org/articles/10.1629/uksg.459/

Excursion littéraire dans l’univers d’Audrey Salles

Les Allégories - Lecture d'Audrey Salles du 15 au 18 avril

A l’occasion des Allégories 2019, festival annuel de l’Université Bordeaux Montaigne, la bibliothèque Lettres et Sciences humaines reçoit Audrey Salles, jeune autrice bordelaise, ancienne étudiante à l’université et agrégée de grammaire.

Venez nombreuses et nombreux pour plonger dans son univers !

Et pour prolonger cette lecture, Audrey Salles a ouvert depuis peu un blog, le Chat Séraphique… Bonne lecture à toutes et à tous !