Mai 2018 : Et le livre dans tout ça ?

Tous les mois, les BU de l’Université Bordeaux Montaigne envoient à ses abonnés la « newsletter Open Access » qui revient sur les actualités du libre accès du mois écoulé à travers une courte sélection thématisée avec soin par vos bibliothécaires. Pour être certain de la recevoir directement dans votre boîte mail, abonnez-vous ! : http://eepurl.com/bR0O3H

Mai 2018 : Et le livre dans tout ça ?

Lorsqu’on parle d’Open Access, l’accent est souvent mis sur l’article de revue, modalité de publication devenue la plus courante, parfois hégémonique, en particulier dans les STM. Mais qu’en est-il du livre ? Peut-on intégrer le format livre, dans sa déclinaison numérique, dans les politiques d’Open Access ? Les actualités que nous vous proposons en ce mois de mai sont des réponses à cette question cruciale en ce qu’elle permet de n’oublier personne sur le bord du chemin vers le libre accès aux publications.

La mise en libre accès de livres est un processus plus lent et plus complexe que dans le cas des revues. Il s’agit de documents demandant un travail éditorial plus conséquent, et les auteurs comme les éditeurs sont souvent plus réticents à mettre gratuitement en ligne des ouvrages. Le Fonds National Suisse de la recherche scientifique a mis en place un projet pilote « OAPEN-CH » qui se concentre précisément sur les monographies et se donne comme objectif d’accroître, d’ici 2020, la libre accessibilité d’ouvrages en finançant les frais de publication. Ce projet fait suite à une étude menée entre 2014 et 2017 sur plusieurs maisons d’édition scientifiques suisses, étude dont les conclusions sont que la mise en libre des livres accroît leur visibilité sans avoir d’effet négatif sur les ventes. Le rapport promeut un double modèle commercial qui permet de faire cohabiter le maintien de version imprimée et la mise en libre accès.

http://www.snf.ch/fr/pointrecherche/newsroom/Pages/news-180423-oapen-ch-oa-rend-les-livres-plus-visibles.aspx

http://www.snf.ch/SiteCollectionDocuments/OAPEN-CH_schlussbericht_fr.pdf

En France, la plateforme de référence pour la diffusion de livres en libre accès est OpenEdition Books, qui tenait sa réunion annuelle le 3 avril dernier. On y trouve actuellement plus de 5000 titres dans les disciplines SHS, et 81 éditeurs.

https://leo.hypotheses.org/13742

Cette plateforme se développe d’année en année, et est un espace particulièrement attractif pour les presses universitaires : celle de Toulouse-Capitole a ainsi tout récemment intégré trois de ses collections, pour un total de 43 nouveaux ouvrages en libre accès. Pour aller encore plus loin dans leur démarche éditoriale intégrant l’Open Access, les PU de Toulouse-Capitole mettent sur l’archive ouverte de l’Université les ouvrages épuisés.

https://openarchiv.hypotheses.org/4491

Autre exemple d’initiative bienvenue autour d’OpenEdition Books : trois MSH la région parisienne (Nanterre, Saclay, Paris-Nord) se sont rassemblées en « Editions des MSH Associées » et ont créé une collection commune sur OpenEditionBooks afin de diffuser nativement des ouvrages de recherche numériques, en accès libre.

http://msh-paris-saclay.fr/editions-emsha-collection-e-books-lancement-le-12-04-2018/

 

La question la plus complexe est naturellement celle du modèle économique pour la monographie en libre accès, son coût pouvant être plus élevé que pour une revue. Le modèle d’OpenEdition Books est celui du Freemium : la lecture en ligne est gratuite, mais les bibliothèques peuvent souscrire, pour leur communauté, au téléchargement des livres pour une lecture hors connexion.

Un autre modèle émergent est celui de la souscription, porté notamment par la société Knowledge Unlatched (KU) : à la façon d’un financement participatif, les universités partenaires membres de KU financent collectivement la « libération » d’une monographie proposée par un éditeur, la rendant libre d’accès si une certaine somme, correspondant au coût éditorial réel, est atteinte.

En France, l’Université de Lorraine a fait récemment le choix de soutenir à la fois OpenEdition Books et KU, via leurs modèles économiques respectifs, montrant ainsi la voie vers une politique documentaire active de promotion du libre accès pour le livre.

https://bu.univ-lorraine.fr/ressources/lul-mise-sur-lopen-access-avec-ses-bu

Le choix de l’Université de Lorraine est d’autant plus intéressant que, parallèlement, elle a choisi de ne pas renouveler son abonnement aux revues Springer : une façon de protester contre la hausse des abonnements tout en utilisant les crédits ainsi économisés en soutien du libre accès.

http://factuel.univ-lorraine.fr/node/8472

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