Octobre 2018 : le libre accès, débats internes et débats externes

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Octobre 2018 : le libre accès, débats internes et débats externes

Nous évoquions en septembre la dimension militante et éthique de l’Open Access contre la marchandisation de la science. Si cet objectif fait consensus, le mouvement est pluriel, et lui-même traversé de contradictions ou de débats qu’il génère, en son sein ou vers l’extérieur. Il sera question ce mois-ci de quelques-uns de ces débats récents….

L’éditeur néerlandais Elsevier est régulièrement critiqué par les partisans du libre accès pour sa politique éditoriale agressive. Sur son site institutionnel, il répond à certaines critiques en présentant sa propre vision du libre accès : un modèle « auteur-payeur » où les publications en accès libre sont financées par un paiement de frais de publication par l’auteur de l’article (ou son laboratoire). Ce modèle, qui relève (sans la définir entièrement) de la voie dite « dorée » vers l’Open Access est soutenu par quelques structures de recherche, dont la Max Planck Society en Allemagne.

https://www.elsevier.com/connect/working-towards-a-transition-to-open-access

Le modèle auteur-payeur est néanmoins controversé car certains craignent qu’il ne fasse qu’augmenter les dépenses des universités pour la publication, le paiement étant calculé à la pièce, par articles, et non plus par un système d’abonnement. Selon ce modèle les éditeurs continuent de contrôler la diffusion des publications, jusqu’à essayer d’empêcher par la menace de l’action légale que les auteurs des articles les diffusent sur les réseaux sociaux de recherche, ce qui s’est passé récemment entre Elsevier/Springer/Wiley et le réseau social ResearchGate.

http://urfistinfo.hypotheses.org/3107

A l’autre bout de la chaîne, on trouve le modèle « pirate » du libre accès, celui de la plateforme Sci-Hub où sont mis en ligne illégalement des milliers d’articles, et qui rencontre un grand succès parmi les utilisateurs pour sa facilité d’utilisation. Un récent article paru dans Learned Publishing qualifie ce modèle de voie « noire » pour le libre accès : efficace pour la diffusion, mais hors de tout cadre légal.

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/leap.1116/full

Ainsi les modèles traditionnels de la transition vers le libre accès, la voie dorée (création de revues en libre accès par les chercheurs) et la voie verte (dépôt des publications en archives ouvertes) sont mis en question et concurrencés par des acteurs plus offensifs et radicaux qui défendent à leur manière « un » libre accès aux publications (éditeurs commerciaux, réseaux sociaux, plateformes illégales). Ces questions interviennent au moment où les politiques en faveur d’une science plus ouverte sont potentiellement menacées par la réforme en cours du droit d’auteur au niveau européen : elle pourrait aboutir à l’ajout de droits complémentaires qui rendraient encore plus complexe la transition vers le libre accès ; la situation est dénoncée notamment par l’association LIBER

http://openaccess.inist.fr/?Lettre-ouverte-a-propos-de-la

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